Développement durable : Les jeunes veulent faire entendre leur voix

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Ph. D.R.

Chaque année, le Conseil de la Jeunesse, l’instance d’avis et de représentation officielle des jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles, envoie trois jeunes délégués âgés de 18 à 30 ans porter la voix des jeunes Belges à l’Onu. Diane Delava, ancienne déléguée, revient sur cette expérience, alors que qu’un nouvel appel à candidatures est lancé.

En quoi consiste le rôle de délégué du Conseil de la jeunesse à l’Onu?

«Il y a chaque année trois délégués qui sont choisis. Un participe à l’Assemblée générale annuelle de l’Onu, qui se tient en septembre, un autre à la COP, la grande réunion pour le climat, et le troisième au High Level Political Forum, une instance qui discute des avancées réalisées en matière d’objectifs de développement durable. C’est à cette réunion qui j’ai participé.»

Pourquoi envoyer des jeunes au côté des diplomates?

«Le Conseil de la jeunesse plaidait depuis longtemps pour inclure des jeunes au sein des instances qui discutent de développement durable. C’est assez logique, nous sommes les premiers concernés par ce que sera le monde de demain. En marge du HLPF, j’ai assisté à une conférence parlant de la jeunesse. Les six panélistes avaient… plus de 50 ans ! Il quand même assez interpellant de voir que l’on parle d’individus sans écouter leur point de vue.»

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Posted by Belgian Youth Delegate on Friday, January 18, 2019

Comment faire une place aux plus jeunes au milieu de panélistes et diplomates expérimentés?

«Evidemment, pour avoir voix au chapitre, les jeunes doivent être compétents. La première des choses à faire, c’est de s’informer beaucoup, c’est la base pour être à la hauteur lors de discussions. Surtout, en tant que jeune, on doit oser. Comme Greta Thunberg, cette jeune Suédoise qui vient d’interpeller les responsables politiques sur l’urgence de prendre des décisions afin de contenir le changement climatique. Elle a raison quand elle critique les élus qui savent quelles mesures doivent être prises mais ne les prennent pas par peur de déplaire à leur électeurs. L’accueil qu’a reçu son message montre bien que l’on ne doit pas sous-estimer le pouvoir que l’on peut avoir avec une voix. Mais pour cela, il est indispensable de savoir de quoi on parle.»

 

En quoi être délégué de Conseil de la jeunesse peut-il aider?

«Cette expérience est une formidable chance de découvrir comment se passent les négociations internationales, et de faire passer notre message auprès des négociateurs. A titre personnel, j’y ai beaucoup appris. C’est aussi l’occasion de toucher du doigt les limites du système onusien. On voit que les mécanismes actuels ne sont pas suffisants pour faire bouger les choses, que l’absence de système contraignant empêche d’enregistrer des avancées majeures.»

N’est-ce pas un peu déprimant?

«C’est surtout la preuve qu’il faut agir à d’autres niveaux également. Amina Mohamed, la numéro deux de l’Onu, a dit lors d’une de nos rencontres qu’il faut utiliser notre rôle de délégué de la jeunesse pour faire bouger les choses dans nos pays, à notre échelle. C’est comme cela qu’on évitera de foncer dans le mur comme on le fait actuellement.»

 

Comment postuler?

Intéressé pour devenir délégué du Conseil de la jeunesse ? Les candidats, âgés de 18 à 30 ans, peuvent postuler jusqu’au 3 février sur conseildelajeunesse.be. Un entretien départagera les candidats qui auront passé la première étape de la sélection.

Les délégués des années passées soulignent le besoin de bien maitriser l’anglais, et d’avoir au minimum une bonne compréhension passive du néerlandais. Avec une expérience dans le monde associatif est également un plus.

SDG 16 : Pour des institutions efficaces

Les 17 objectifs de développement durable de l’Onu (ODD, aussi appelés SDG), visent à bâtir un monde plus durable. Le SDG 16 souligne le besoin d’institutions efficaces. Cela doit rendre possible l’inclusion de toutes et tous dans la vie publique, et notamment des jeunes. L’envoie à l’Onu de délégués du Conseil de la jeunesse s’inscrit dans la volonté de voir mieux prendre en compte la parole de ceux qui feront le monde de demain.