La légende de l’accordéon Marcel Azzola, accompagnateur de Brel, est décédé

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La légende de l'accordéon Marcel Azzola, accompagnateur de Brel, est décédé

L’accordéoniste Marcel Azzola, qui a accompagné les plus grands noms de la chanson comme Jacques Brel, Barbara ou Edith Piaf, est décédé lundi à 91 ans, ont annoncé à l’AFP son agent Alexandre Lacombe et sa compagne Lina Bossati. « Son coeur a lâché », a dit sa compagne à l’AFP, précisant qu’il était décédé lundi matin.
Marcel Azzola a notamment accompagné Barbara, Gilbert Bécaud, Juliette Gréco, Edith Piaf, Toot Thielemans ou Jacques Brel.
Nombreux sont ceux qui connaissent sans le savoir ce génie de l’accordéon grâce aux musiques de films de Jacques Tati et à la chanson « Vesoul » de Jacques Brel.
Marcel Azzola est entré de plain pied dans la légende avec son chorus d’accordéon époustouflant sur ce titre, en 1968, et le fameux « Chauffe Marcel, Chauffe ! » que lui avait alors lancé, survolté, Jacques Brel pendant l’enregistrement.
Outre ce morceau de bravoure, le musicien a aussi contribué à faire progresser l’accordéon d’un point de vue technique et lui a donné un souffle nouveau en « osant le jazz », selon l’expression de Philippe Krümm, responsable du magazine « Accordéon Accordéonistes ».
Sa technique lui a en effet permis de se glisser avec aisance dans le monde du jazz, aux côtés de Stéphane Grappelli, Dany Doriz ou Toot Thielemans, et d’être un acteur du rapprochement entre jazz et musette dans les années 80.
Professeur à l’Ecole de musique d’Orsay pendant vingt ans, il a milité depuis les années 70, avec ses collègues Joe Rossi, Joss Baselli et André Astier, pour la reconnaissance de l’accordéon. Aboutissement de cet acharnement: l’inscription de cet instrument au CNSM (Conseil national supérieur de musique) de Paris en 2002.
Ce musicien de grande classe se doublait d’un homme charmant, loué pour sa gentillesse et sa modestie. « Il a toujours eu du respect pour les gens », assure Philippe Krümm.
Statufié au Musée Grévin de 1969 à 1981, proposé pour la Légion d’Honneur qu’il avait refusée, Marcel Azzola souffrait depuis très longtemps de la Maladie de Dupuytren à la main droite.
Le mal s’étant accentué, son activité s’était singulièrement réduite ces dernières années. Il passait l’essentiel de son temps dans la gentilhommière de Villennes-sur-Seine qu’il partageait avec Lina Bossatti, pianiste et violoniste talentueuse.

source: Belga