Nouvelle-Zélande et Australie signent des accords commerciaux post-Brexit

AFP / A. Dennis

La Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni ont signé des accords lundi garantissant que le commerce entre ces deux États insulaires perdurera même après le Brexit. Durant le weekend, l’Australie a fait de même pour garantir la reconnaissance mutuelle des exportateurs australiens et britanniques au-delà de la date du 29 mars, à laquelle le Royaume-Uni est censé quitter l’UE.

« Ces accords signifient que les arrangements précédents concernant l’exportation de produits vers l’UE sont maintenus avec le Royaume-Uni », a assuré la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern dans une déclaration suivant sa rencontre avec son homologue britannique Theresa May lundi. Les exportateurs néo-zélandais ne seront pas laissés pour compte en cas de Brexit et les règles préexistantes resteront d’application, a-t-elle assuré. Les exportations néo-zéalandaises au Royaume-Uni représentaient en 2018 1,7 milliard d’euros (principalement de la viande et des fruits) et les exportations britanniques en Nouvelle-Zélande 1,6 milliard d’euros.

« Des étapes nécessaires »

Samedi, l’Australie, acteur économique important en Asie-Pacifique, a aussi veillé à préserver ses relations commerciales avec Londres en cas de Brexit. Le ministre australien du Commerce, du Tourisme et de l’Investissement, Simon Birmingham, a signé dans la capitale britannique un nouvel accord de reconnaissance mutuelle et un accord bilatéral relatif au vin, important produit d’exportation pour l’Australie.

Le ministre a fait savoir que de la sorte les conventions déjà en vigueur entre les deux pays en matière d’exportation resteraient d’application post-Brexit « même si le Royaume-Uni quitte l’UE sans accord », a-t-il affirmé dans le Sydney Morning Herald. « Ces accords offrent l’assurance aux exportateurs australiens qu’ils pourront livrer leurs biens au Royaume-Uni après le Brexit, que ce soit du vin, des appareils médicaux, des composants automobiles, sans barrières commerciales ou règles additionnelles. »

Il s’agit, selon lui, « d’étapes nécessaires dans le cadre des préparatifs post-Brexit, grâce auxquels nous souhaitons minimiser les perturbations des échanges commerciaux et garantir autant que nous le pouvons davantage de sécurité aux exportateurs australiens ».
Toutefois, le président de la Chambre de Commerce et de l’Industrie australienne, James Pearson, fait preuve de plus de réserves à l’approche de la date fatidique. « Il faut admettre que le Royaume-Uni est un de nos premiers partenaires en termes d’investissements, et nous sommes un investisseur conséquent en Royaume-Uni », a-t-il souligné pour SBS News. « D’autre part, nous avons eu plusieurs années pour nous préparer et les entreprises des deux parties vont tenter de tirer profit des opportunités » découlant de cette nouvelle donne.

Trentaine d’autres accords

Le Royaume-Uni est le 7e partenaire commercial bilatéral de l’Australie. Les exportations australiennes vers le Royaume-Uni se concentrent sur l’or, le plomb et les boissons alcoolisées dont le vin en tête, et pèsent 4 milliards d’euros. Les exportations britanniques en Australie sont de l’ordre de 4,5 milliards d’euros.

A plus long terme, tant l’Australie que la Nouvelle-Zélande ont réitéré leur engagement à négocier un accord de libre-échange avec le Royaume-Uni. Londres doit signer une trentaine d’autres accords similaires offrant des garanties post-Brexit avec une trentaine d’autres partenaires commerciaux, alors que l’issue au-delà du 29 mars reste très incertaine.