Le secrétaire d’Etat américain adjoint chargé de l’Europe démissionne

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AFP / A. Nimani

Le secrétaire d’Etat américain adjoint chargé de l’Europe, Wess Mitchell, a annoncé mardi sa démission au moment où les alliances traditionnelles des Etats-Unis avec les pays européens sont mises à mal par l’administration de Donald Trump.

Son départ crée un nouveau vide au département d’Etat, qui a pris beaucoup de retard pour nommer des diplomates aux postes-clés depuis l’arrivée du milliardaire républicain à la Maison Blanche il y a deux ans. «Alors que l’administration entre dans sa troisième année, j’ai le sentiment d’avoir achevé ce que je devais faire: développer la stratégie européenne du département d’Etat», a déclaré Wess Mitchell, cité sur un compte Twitter de la diplomatie américaine.

«Travailler avec les meilleurs diplomates au monde fut une expérience remarquable. Je suis impatient de passer davantage de temps avec mes enfants», a-t-il ajouté, laissant entendre que son départ était notamment motivé par des raisons familiales. La démission de Wess Mitchell sera effective au 15 février, a tweeté un porte-parole du département d’Etat, Robert Palladino. Soucieux de montrer que cette décision n’était liée à aucun désaccord, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a aussitôt salué son «travail formidable».

Des relations compliquées

Les alliés européens de Washington ont été ébranlés à plusieurs reprises depuis deux ans par les choix du président Trump, du retrait de l’accord de Paris sur le climat à celui de l’accord sur le nucléaire iranien jusqu’à l’annonce récente du départ des soldats américains de Syrie. La guerre commerciale ou la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël ont aussi été dénoncées à Paris, Londres ou Berlin.

Le doute plane toujours également sur ses intentions réelles à l’égard de l’Otan: selon le New York Times, Donald Trump a estimé à plusieurs reprises l’an dernier, devant de hauts responsables américains, que les Etats-Unis devraient se retirer de l’Alliance atlantique. En réponse à ces informations, le locataire de la Maison Blanche a assuré soutenir l’Otan «à 100%» tout en appelant une nouvelle fois ses pays membres à augmenter leurs dépenses militaires pour un meilleur partage du «fardeau».

A Washington, la communauté diplomatique et de nombreux membres du Congrès, parfois républicains, s’alarment d’un président qui affiche volontiers sa proximité avec des dirigeants autoritaires de pays censés être des adversaires de Etats-Unis tout en s’en prenant en public au président français Emmanuel Macron, à la chancelière allemande Angela Merkel ou à la Première ministre britannique Theresa May.