Les Belges favorisés sur le marché de l’emploi

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Ph. Unsplash

Depuis 2008, le Service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale et Unia publient ponctuellement un monitoring socio-économique qui s’intéresse entre autres aux conditions de travail des personnes en fonction de leurs origines. Et le dernier rapport de décembre 2017 montre qu’il y a encore du pain sur la planche.

Il est difficile de parler de diversité au travail sans parler de discrimination. C’est une réalité, de nombreuses personnes dans le monde, mais aussi en Belgique, ne sont pas égales face à une offre d’emploi. C’est ce que vient étayer un peu plus le monitoring socio-économique du Service public fédéral Emploi, de Travail et Concertation sociale et d’Unia.

Dans leur rapport, les chercheurs avancent que « le marché du travail belge est difficile d’accès ». Ce sont les personnes âgées, les personnes peu qualifiées et les chômeurs de longue durée qui sont le plus touchés par ce marché difficile. Mais les Belges semblent toujours avoir une longueur d’avance sur les étrangers. « Les candidats d’origine belge sont systématiquement mieux traités lors du recrutement et durant leur carrière », affirment les chercheurs.

Ce n’est donc pas une surprise de voir les personnes d’origine belge occuper la majorité des emplois stables et relativement bien payés de notre pays même s’il existe « de grandes différences en fonction de la qualification ». De leur côté, les personnes qui font partie d’un pays de l’Union européenne s’en sortent plutôt bien sur notre marché du travail. Quant à celles qui viennent de l’extérieur de l’UE, elles « ont une position plutôt moyenne ».

Discrimination opaque

En fonction de leur origine (Afrique, Asie, Océane…), le taux de chômage et d’emploi peut varier assez fortement. Malgré une meilleure formation, les jeunes d’origine africaine continuent par exemple à éprouver nettement plus de difficultés que les autres groupes à trouver une place sur le marché du travail.

À l’inverse, ceux provenant d’Extrême-Orient ou d’Océanie semblent s’y intégrer rapidement. Pour les chercheurs, ces constats débouchent sur des « conclusions embarrassantes ». Soit il y a des facteurs objectifs qui n’ont pas été trouvés par les chercheurs, soit il y aurait une « discrimination opaque » qui serait à l’œuvre. Pour se faire une idée précise, il faudrait étudier « si poser sa candidature sous un nom turc, marocain ou africain entraînait des réactions différentes selon le cas ».

Le rapport tord également le coup à une idée parfois véhiculée sur les demandeurs d’asiles. Ces derniers s’intégreraient de mieux en mieux sur le marché du travail, le nombre de travailleurs passant de 11 % à 33 %. « La progression réalisée par les demandeurs d’asile reconnus semble même montrer qu’après un départ inévitablement très difficile, ce groupe semble s’intégrer correctement sur le marché du travail ».

Quoi qu’il en soit, les chercheurs recommandent d’augmenter l’employabilité de tous car, selon eux, « la discrimination sur le marché du travail reste un problème important » basé entre autres sur un « un rejet irrationnel bien réel ».