Découvertes MiNT de la semaine : Andy je t’aime et King Child

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Andy je t'aime

Avant de plonger dans le second impatient album folk de King Child, période d’euphorie de soldes oblige, une page de publicité pour nos années 80 avec Andy je t’aime.

Andy je t’aime – « Que toi »

  L’avez-vous déjà vu quelque part ? Peut-être au cinéma : “Planetarium”, “Trilogie de nos vies défaites” ou, plus près de nous, “Mes provinciales”. Brice Michelini était jusqu’ici un inconnu de la scène musicale : le mannequin a franchi le mur du son des années 80 (qu’il a dû connaître par procuration) pour livrer une mélodie pop taillée pour les jours d’hiver. Têtu décrivait, mi-décembre, son premier titre ainsi : « kitsch, beau, sincère et drôle”. Tout était à peu près dit.

« Que Toi » est avant tout une déclaration d’amour (à un homme, même si l’anecdote n’a ici aucune importance en soi). A cela près qu’autour du single, on a tricoté un clip vidéo signé Alix Pennequin (et qui ne s’embarrasse même pas de format 16/9e, c’est dire si l’intention est claire), dont on a l’impression qu’il a été fabriqué à la main et en coupant des bobines, au beau milieu des années 80. Un titre-concept-texte à lire au premier et au second degré, surtout à la vue du fameux clip, où rien ne nous est épargné de ce qui a fait la renommée des fameuses années : chorégraphie, moustache, saxo, spotlights et effets spéciaux ad nauseam.

Vous avez adopté Fishbach et, sans son sillon, le fantôme de Rose Laurens ? Vous aimerez probablement Andy je t’aime, quelque part entre Depeche Mode, Gérard Blanc époque « Du soleil dans la nuit » et peut-être Gold, aussi. Quelques commentaires postés sous la vidéo Youtube donnent le ton : « Un duo avec Jeanne Mas », « Enfin de la musique qui redonne envie de danser », « Ma nouvelle boucle », « C’est le clip d’hibernatus en fait », et caetera. On oublie tous les jours, tous les mirages, mais ça, c’est une autre histoire.

King Child – « Leech »

King Child est le nom donné à un duo : d’un côté, un Bruxellois, Quentin Hoogaert (Leopold Tears), de l’autre son correspondant lyonnais, Jean Prat. Ensemble, ils ont créé une univers mélodique, onirique et ouvertement indie, parce qu’il se mérite. Les années 80 les ont, c’est clair, bien moins inspiré que la décennie qui a les précédées.

Ils avaient déjà illuminé le printemps 2017 avec Meredith, un formidable voyage en 11 titres dans un univers globalement folk, accessoirement classique (on y trouvait de véritables morceaux de Debussy à l’intérieur). Ils sortiront leur deuxième album, Leech, le 8 février et ce que l’on en sait donne déjà l’envie d’avoir envie.

King Child prépare une présentation officielle de Leech. Elle aura lieu le 13 février au Botanique. Le 14 eût été trop facile. Jean et Quentin préviennent : « Sur ce nouvel album, nos nouveaux morceaux seront plus directs. Plus sombres et plus contrastés aussi. Ils reflètent aussi notre questionnement par rapport à la technologie, au flux continu d’informations et aux enjeux environnementaux. »

« One Last Ride » vient de sortir et c’en est un parfait premier aperçu. Le titre démarre comme n’importe quelle autre mélodie folk, sur des arrangements familiers et soignés. Si on prête l’oreille, on peut très bien y entendre l’ombre de Band of Horses. L’album qui sort dans quelques jours comporte 7 titres et renferme une nouvelle fois un trésor du répertoire classique, Clair de Lune.  Debussy, toujours.

Cédric Godart