Les bernard-l’ermite au long pénis moins exposés au vol de coquille

Ph. Belga

Les pénis de certaines espèces de bernard-l’ermite se seraient allongés pour copuler en toute sécurité. C’est ce que suggère une étude menée par Mark Laidre, biologiste au Dartmouth College (États-Unis), publiée dans Royal Society Open Science, ce mercredi.

Pour survivre, le bernard-l’ermite se loge dans les coquilles des autres crustacés. Sans « maison » dans laquelle se réfugier, le gastéropode devient très vulnérable et ne peut survivre plus de 24 heures. Mais lorsqu’il souhaite s’accoupler avec une femelle, le mâle est obligé de sortir parfois jusqu’à mi-chemin de sa coquille. La manœuvre est particulièrement risquée et l’expose plus au vol de son enveloppe calcaire.

Les coquilles remodelées prisées et volées

Dans son étude « Private parts for private proprety », publiée dans Royal Society Open Science, ce mercredi 16 janvier, le biologiste du Dartmouth College, Mark Laidre, a émis une hypothèse dans la lignée de la pensée de Darwin. Certaines espèces de bernard-l’ermite auraient développé de longs pénis pour pouvoir s’accoupler « à leurs partenaires sexuels tout en maintenant en même temps une prise sûre de leurs biens sur le reste de leur corps ».

Le scientifique a vérifié son hypothèse sur 328 bernard-l’ermite de neuf familles d’espèces terrestres et sous-marines. Certaines d’entre elles s’approprient des coquilles telles qu’elles, d’autres les retravaillent ou les remodèlent. C’est cette deuxième catégorie de coquilles qui est particulièrement prisée des voleurs. Parce que «la propriété privée» (terme employé par le scientifique) est plus confortable et parce qu’elle est plus facile à dérober.

L’espèce au plus long sexe

Mark Laidre a démontré que ce sont les mollusques sculptant leur coquille qui ont développé des pénis plus longs afin d’éviter les vols pendant l’accouplement. A l’aide d’un compas, il a comparé la taille du sexe des différentes espèces. Ce sont les mâles Coenobita qui détiennent la palme du pénis le plus grand par rapport à leur corps. Et il s’agit de bernard-l’ermite terrestres logeant dans des coquilles modelées. D’ailleurs, tous les mâles des espèces à la carapace retravaillée sont dotés d’un pénis plus grand que ceux ayant une coquille brute. Ainsi, les bernard-l’ermite sculpteurs peuvent s’accoupler en sortant juste leur pénis, en gardant leur corps à l’intérieur de leur coquille et donc sans risquer de perdre leur « maison ».

Ph. D.R