Polyamour, pansexualité, sapiosexualité, skoliosexualité … Les nouveaux mots du sexe

Le 21e siècle connaît une révolution des manières de concevoir les relations intimes et amoureuses. Une évolution douce des mœurs dont la diversité n’est pas toujours connue et/ou comprise de tous et qui passe également par un enrichissement d’un vocabulaire ad hoc permettant de saisir clairement de quoi l’on parle.

Très récemment, Philip Hammack, un professeur de psychologie à l’université de Californie à Santa Cruz, avait mis le doigt sur cette évolution en expliquant que les scientifiques devaient désormais prendre en compte ces changements pour que les résultats de leurs recherches soient plus probants. En gros, c’est terminé la psychologie de papa, a fortiori quand il est question de relation et de sexe. Encore faut-il comprendre et mettre un nom sur ces nouveaux modèles pour en saisir toutes les nuances. Hétéro, homo, bi, trans… Tout le monde sait ce que cela veut dire. Par contre…

Hétéroflexible

Ce terme, créé en 2000 par la sociologue Laurie Essig, évoque des personnes hétérosexuelles, qui ne se définissent pas en tant que bisexuelles, mais qui ne se ferment pas à la potentialité d’une relation avec une personne du même genre. La flexisexualité peut être synonyme, même si certains y rajoutent une notion de légèreté qui pourrait se comprendre, par exemple, par l’idée de filles qui embrassent des filles mais qui aiment les hommes.

Polyamour

À ne pas confondre avec l’échangiste, le polyamoureux revendique simplement la possibilité d’aimer plusieurs personnes à la fois, en toute transparence et le plus honnêtement possible. Les partenaires y respectent la liberté sentimentale et sexuelle de chacun ainsi que l’individualité et l’autonomie, avec le consentement de toutes les personnes impliquées. Certains parlent également de ‘pluriamour’. A ce concept peut être également appliqué celui de polyfidélité qui définit une relation exclusive mais à plus de deux personnes.

Pansexualité

On confond parfois ce terme avec ‘bisexualité’. D’ailleurs les pansexuels sont souvent regroupés sous la lettre B du sigle LGBTQA+, bien que certains y revendiquent l’adossement de la lettre P. En résumé, la pansexualité est une attirance affective, sentimentale, sexuelle, etc. sans aucune considération que ce soit de genre, d’orientation, d’expression ou de sexe biologique. Certains se définissent également comme pansexuels (ou omnisexuels) par la volonté de ne pas être identifié à un genre particulier. Dans la culture pop récente, on cite régulièrement le personnage de Jack Harkness, des séries «Doctor Who» et «Torchwood», comme étant le premier héros de ce type.

Asexualité

Saviez-vous qu’il a fallu attendre 2013 pour que l’asexualité soit retirée des manuels de diagnostics et statistiques des troubles mentaux? D’après une étude récente, près de 1% de la population pourrait se définir comme étant asexuel, c’est-à-dire qui a un désintérêt pour le sexe et qui ne ressent pas d’attirance sexuelle. Ce qui n’empêche nullement la relation, mais pour d’autres raisons comme satisfaire un partenaire ou la volonté d’avoir des enfants, par exemple. On l’aura compris, on peut très bien être asexuel et avoir le désir de nouer des relations romantiques. On sera dès lors hétéroromantique si ce type d’attirance se fait pour une personne de sexe différent, homoromantique pour de même sexe, ou encore panromantique, biromantique, etc. Il existe également un entre-deux entre la sexualité et l’asexualité. C’est là que se situent les graysexuels, dont la libido est faible et qui éprouvent rarement une attirance. Enfin, on peut y adjoindre également les lithromantiques qui éprouvent des sentiments amoureux mais qui réprouvent l’idée que ce soit réciproque, ainsi que les demisexuels qui ne peuvent imaginer une attirance sexuelle que si des liens affectifs très profonds se sont déjà noués.

Andro-gyno.e-sexualité

L’androsexuel aime la masculinité, il est attiré affectivement et/ou sexuellement par ce trait de personnalité sans distinction de genre, que ce soit une femme masculine, un homme viril, qu’il/elle soit hétéro, bi, gay, etc. Pour le gynesexuel, c’est le même concept mais avec la féminité en exergue. De son côté, l’androgynosexuel est, comme son nom l’indique, une personne attirée par des gens qui ont des traits à la fois masculin et féminin.

Skoliosexualité

Le site Genderqueerid.com explique que la skoliosexualité est «une attirance envers les individus non-binaires», c’est-à-dire qui ne se reconnaissent pas dans cette opposition masculin/féminin. C’est une sexualité tournée vers les personnes qui rejettent la connotation inclusive.

Autosexualité

Bien plus que la simple masturbation, l’autosexuel est une personne qui prend plus de plaisir à s’auto-satisfaire qu’avoir des pratiques sexuelles avec un autre partenaire.

Sapiosexualité

Le sapiosexuel peut être hétéro, homo, bi, indépendamment de tout le spectre du genre ou d’identité, mais il est attiré affectivement et/sexuellement par l’intelligence d’une personne, par un esprit vif et un intellect charismatique.

Kinky ou vanille?

En référence au parfum le plus commun de crèmes glacées, ‘vanille’ est une expression récente qui définit la sexualité hétéro ou homo la plus commune qui soit. Un partenaire sera ainsi défini comme vanille par un ou une kinky, qui est plutôt adepte de pratiques et de fantasmes sexuels moins normatifs.

Pierre Jacobs