Les phobies les plus étranges

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Photo Pexels

Claustrophobe? Agoraphobe? Arachnophobe? Tout cela est d’un commun et d’un mortel ennui. Pourquoi ne pas tenter une phobie qui sorte un peu de l’ordinaire. Elles sont légion. On vous en propose un petit panel.

Les trous

C’est un mot que vous ne connaissez sans doute pas, mais la trypophobie est l’une des phobies les plus répandues au monde. La peur des trous est en fait la peur de toutes formes géométriques très rapprochées, comme ce que l’on peut voir dans un nid d’abeille, dans de la mousse de shampoing, les éponges, etc.

Plus un dégoût qu’une peur, elle trouverait son origine, selon certains scientifiques, dans un rejet exacerbé des symptômes de certaines maladies infectieuses ou parasitaires.

Les nombres

Certains nombres provoquent une anxiété accrue chez certains. Ainsi, les triskaïdékaphobes ont une peur bleue du nombre 13, tandis que les paraskevidékatriaphobes sont incapables de supporter les vendredis 13.

La tétraphobie est, pour sa part, une peur du chiffre 4, mais se rencontre plus souvent dans les pays d’Asie de l’est, là où le 4 équivaut à notre 13.

Dans un registre plus maléfique encore, les hexakosioihexekontahexaphobes craignent particulièrement le nombre 666. Cette peur vient d’un verset de l’Apocalypse, l’un des livres de la Bible, qui indique que ce nombre est celui de la Bête.

Les plantes

Si les arbres et les fleurs ont plutôt tendance à faire du bien, ce n’est pas le cas chez tout le monde. Ainsi il ne faudra jamais offrir de bouquet à un antophobe. Cette peur excessive des fleurs a une origine plutôt obscure.

De son côté, l’hylophobe voit les choses en plus grand dans son rejet puisqu’il évite à tout prix les forêts. Ce trouble survient souvent à la suite d’un incident lors de l’enfance.

Enfin, la mycophobie est une peur irrationnelle des champignons qui pourrait provenir d’une angoisse face à l’empoisonnement.

Les fruits

Aussi étrange que cela puisse paraître, les fruits peuvent également être une source d’angoisse. La carpophobie est une peur irrationnelle qui relève de ce que l’on appelle les TCA, les troubles du comportement alimentaire, au même titre que l’anorexie, et qui peut causer d’importantes carences alimentaires.

D’autres rejets sont plus ciblés, comme chez les bananophobes par exemple. En 2016, la chanteuse Louane avait ainsi affirmé en télévision: « Il y en a qui sont arachnophobes, qui sont claustrophobes, et moi, je suis bananaphobe. Ça fait rire les gens, en général. »

Le corps

Le corps est une source d’un nombre incalculable de phobies. Chez le sien comme chez les autres, d’ailleurs. Ainsi, le géniophobe aura peur des mentons, le pogonophobe évitera les barbes et le génuphobe refusera de contempler des genoux. Mais c’est le rapport à son propre corps qui peut provoquer des troubles plus problématiques.

L’apopathodiaphulatophobe fera tout pour ne pas être constipé, l’émétophobe pour ne pas vomir, alors que le carminophobe, qui craint les gaz dans le côlon, se rendra malade à l’idée de péter.

Quant à la peur d’être sale, l’automysophobie, elle fait partie des troubles obsessionnels compulsifs (TOC) les plus courants et qui relèvent d’une névrose.

Les relations

Si beaucoup d’hommes recherchent le contact de très jolies femmes, le caligynephobe aura tendance à se sentir dans un inconfort total, à l’image de Raj dans la série ‘The Big Bang Theory’.

Passés les premiers contacts, et avant d’aller plus loin, il se pourrait que l’ithyphallophobie calme les ardeurs. Cette peur de voir des pénis en érection peur atteindre autant les hommes que les femmes.

Mais encore faut-il trouver sa moitié. L’anuptaphobe ne s’imagine pas célibataire un seul instant, et aura à cœur de se trouver au plus vite un copain ou une copine à garder auprès de soi.

La vie active

On se souvient récemment d’un ministre français qui avait invoqué son administrophobie pour expliquer son rapport conflictuel avec les impôts. Mais peut-être était-il également graphophobe, souffrant d’une crainte exagérée de l’écriture?

Cet obscur objet qu’est le téléphone provoque également son lot de craintes. Le téléphonophobe, par exemple, détestera décrocher son combiné par peur de ne pas savoir quoi dire ou de bégayer.

Mais la palme revient à la nomophobie, désignée ‘mot de l’année 2018’ au Royaume-Uni car elle touche un nombre croissant de personnes. Cette inquiétude ressentie à l’idée de se trouver sans téléphone mobile ou d’être dans l’impossibilité de s’en servir pourrait être le mal du 21e siècle.

Le comble du bizarre

Mais il est des phobies encore plus étranges que les autres. Certains éviteront ainsi de faire une belle balade, les ombrophobes par peur de la pluie, les aérophobes par crainte du vent, et les basophobes par un simple rejet de l’idée de marcher.

D’autres éviteront certains lieux, comme les ecclesiophobes dont la peur se concentre sur les églises et ce qui y est associé (autel, crucifix, etc.). Il y en a même -les agalmatorémaphobes- qui craindront que les statues ne prennent vie, surtout lors d’une belle lune (sélénophobie).

Mais celui qui est le plus à plaindre n’est-il pas le pantophobe? Une peur de tout, une anxiété intense, une crainte perpétuelle d’un danger inconnu n’est en effet pas la phobie la plus simple à vivre dans la vie de tous les jours.

Pierre Jacobs