Attentat du musée juif: L’instruction d’audience débute aujourd’hui

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Belga / T. Roge

L’instruction d’audience débute ce jeudi matin par la lecture de l’acte d’accusation, dans le procès de l’attentat au Musée juif de Belgique, à la cour d’assises de Bruxelles.

Les procureurs liront le document durant toute la journée de jeudi, puis toute la journée de vendredi. Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer sont accusés devant la cour d’être auteurs ou co-auteurs de l’attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique à Bruxelles. Quatre personnes y avaient perdu la vie.

Les journées de ces jeudi et vendredi seront consacrées à la lecture de l’acte d’accusation du parquet fédéral. Le procureur fédéral Bernard Michel et l’avocat général Yves Moreau, délégué au parquet fédéral, procéderont donc à cette lecture. Le document, long de 184 pages, retrace toute l’enquête, des premières constatations sur le lieu des faits à l’enquête de personnalité des accusés. Il reprend notamment les analyses de caméras de vidéo-surveillance, les déclarations de témoins directs des faits, les circonstances de l’arrestation des accusés, leurs antécédents judiciaires ou encore les expertises psychiatriques de ceux-ci.

Les avocats de Mehdi Nemmouche ont également annoncé qu’ils déposeraient un acte de défense lundi soir 14 janvier, afin qu’ils le lisent mardi avant le début de l’interrogatoire des accusés. Quant au conseil de Nacer Bendrer, Me Gilles Vanderbeck, il a annoncé qu’il ne déposerait pas d’acte de défense.

120 témoins

La cour a décidé de faire entendre, parmi les nombreuses personnes appelées à témoigner, les quatre journalistes français qui avaient été pris en otage en Syrie en 2013. Ceux-ci avaient dit reconnaître Mehdi Nemmouche comme l’un de leurs geôliers. Ces témoins ont été demandés par certaines parties civiles, mais les conseils de Mehdi Nemmouche s’y sont opposés, estimant que les accusations portées par ces journalistes font partie d’un autre débat judiciaire. « Le principe que la partie civile va tenter de nous infliger, c’est de substituer les faits par l’émotion avec ces quatre prétendus otages, autrement dit prétendre que parce que monsieur Nemmouche est un geôlier et un tortionnaire, il est aussi un assassin. Je rappelle qu’il n’y a aucune vérité judiciaire encore à propos de cette prise en otage », a déclaré Me Sébastien Courtoy, avocat de Mehdi Nemmouche avec Me Henri Laquay et Me Virginie Taelman.

La cour a également décidé d’entendre des membres de la famille de Mehdi Nemmouche comme témoins de moralité, bien que ce dernier ne souhaitait pas qu’ils soient appelés à venir témoigner. « Il n’y a rien de pertinent dans leurs déclarations faites à la police. Je les ai lues attentivement. Personne n’a à gagner quoi que ce soit à ce qu’ils se présentent devant la cour. Ce serait extrêmement difficile pour eux de venir ici. Je voudrais qu’ils ne figurent pas sur la liste des témoins », s’est exprimé l’accusé.

Par ailleurs, la cour a décidé de ne pas citer à comparaître le directeur du Mossad (les services secrets israéliens) et l’ambassadeur d’Israël en Belgique, comme réclamé par les avocats de Mehdi Nemmouche. Ceux-ci souhaitaient entendre ces témoins à propos de prétendues activités de renseignements des époux Riva, deux des quatre victimes de la tuerie au Musée juif. L’audition de ces témoins aurait permis, selon Me Courtoy, de prouver l’existence d’un complot dont serait victime son client. Il a précisé qu’un enquêteur avait pourtant voulu interroger un responsable du Mossad mais que cela lui avait été refusé. Enfin, la présidente de la cour, Laurence Massart, a décidé, en vertu de son pouvoir discrétionnaire, d’entendre plusieurs intellectuels en qualité d’experts, sur des questions touchant au conflit armé en Syrie et au phénomène de radicalisation.

Quatre morts

Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux Français âgés de respectivement 33 et 30 ans, sont accusés d’être auteurs ou co-auteurs de l’attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, situé rue des Minimes à Bruxelles. Elle avait coûté la vie à quatre personnes: Emanuel et Miriam Riva, un couple de touristes israéliens, Dominique Sabrier, une bénévole du musée, et Alexandre Strens, un employé du musée.

Mehdi Nemmouche avait été arrêté le 30 mai 2014 à la gare routière de Marseille, en possession de plusieurs armes qui semblent être identiques à celles utilisées lors de l’attaque au Musée juif, de munitions et d’un drapeau de l’État Islamique. Nacer Bendrer, arrêté le 9 décembre 2014 à Marseille, est soupçonné de lui avoir fourni ces armes. Selon l’enquête, Mehdi Nemmouche est l’auteur des coups de feu, visible sur les images de caméras de vidéo-surveillance dans et autour du musée lors de l’attaque.