#lovemybag lève les tabous sur la stomie

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Facebook / Kangouroo Girl

Depuis des années, Charlène, alias Kangouroo girl vit avec une stomie et l’assume. Elle a lancé le hashtag #lovemybag pour inciter les gens à envoyer une photo de leur poche et ainsi changer le regard des autres.

Vivre « avec une poche à caca sur le ventre » n’a rien de facile. Charlène, plus connue sur les réseaux sociaux sous le pseudo de Kangouroo girl, a décidé de briser les tabous. La Française de 25 ans, atteinte du syndrome du grêle court, a lancé il y a quelques jours le hashtag #lovemybag. Elle assume au grand jour son ventre et ses cicatrices et incite ceux qui sont dans la même situation à envoyer des photos de leur poche. «J’ai envie que, grâce à ce challenge, des kangouroos ayant envie d’avancer réussissent à s’accepter et à s’aimer et surtout montrer que nous sommes bien plus nombreux que ce que l’on puisse le penser», explique-t-elle sur Facebook.

Challenge : ❤️👜Bonsoir mes petits kangouroos , 🤗🍀J’espère que vous allez bien et que vous êtes en train de passer un…

Posted by Kangouroo Girl on Saturday, January 5, 2019

Ils sont quelques-uns à avoir franchi le pas sur Instagram et Facebook.

Plongée dans le coma artificiel pendant huit jours

La vie de Charlène a basculé le 13 décembre 2012. Alors qu’elle était opérée pour une colectomie totale (retrait du colon), le chirurgien a sectionné la mauvaise artère. Son état se dégrade et son pronostic vital est engagé. La jeune femme a passé l’anniversaire de ses 19 ans plongée dans un coma artificiel tandis que les médecins tentaient de stabiliser son état.

Après huit jours, elle a rouvert les yeux et a démarré un long combat vers l’acceptation. Charlène vit désormais avec « Suzanne » (c’est ainsi qu’elle a surnommé sa poche) et de larges cicatrices parcourent son corps. Dans un premier temps, deux infirmières à domicile l’ont assistée dans toutes ses tâches quotidiennes. Mais en 2015, elle a décidé de suivre une formation pour arriver à faire ses soins seule.

«Les personnes atteintes d’un syndrome du grêle court se renferment sur elles-mêmes»

Charlène a décidé de raconter son histoire sur les réseaux sociaux, en juin 2018. Elle a créé la page « Kangouroo girl » sur Facebook où elle partage sa vie de jeune femme de 25 ans stomisée. 8.000 personnes la suivent au quotidien. « Depuis toutes ces années, j’ai enfin décidé de l’accepter et de l’assumer. Parce que les personnes atteintes d’un syndrome du grêle court se renferment sur elles-mêmes, le cache et ont souvent ‘honte' », écrit-elle sur sa page. Après de nombreuses opérations, il ne lui reste que 30 centimètres d’intestin grêle, qui normalement mesure de 7 à 8 mètres. Elle est perfusée 15 h sur 24 h pour avoir tous les apports dont son corps a besoin.

La vie de Charlène a beaucoup changé, elle a dû revoir ses projets, modifier ses habitudes… Aujourd’hui, elle profite de chaque instant et tend la main aux personnes dans le même cas qui restent dans le silence. Elle souhaite leur transmettre « émotions, force et espoir principalement ».