Le projet #Diasporavote : Un programme pour pousser les minorités à exercer leur droit de vote

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Début décembre, dix jeunes leaders afrodescendants de moins de 30 ans suivent à Bruxelles une formation sur le fonctionnement de l’Union européenne. L’objectif: leur faire prendre la mesure de l’importance des législations européennes dans leur vie quotidienne.

«Il y a un désintérêt très marqué pour les questions européennes au sein des Européens d’origine africaine», déplore Céline Fabrequette, de l’African Diaspora Youth Forum in Europe, à l’origine du projet #Diasporavote. «C’est d’autant plus inquiétant que l’on constate des évolutions politiques inquiétantes dans des pays comme l’Autriche ou l’Italie», souligne-t-elle en référence à ces pays qui ont vu des partis d’extrême-droite arriver au pouvoir par le biais de coalitions.

Le désintérêt politique actuel n’est pas sans conséquence sur le quotidien de ceux qui ne votent pas. «Des politiques ont été mises en place pour l’égalité Hommes-Femmes, et c’est une très bonne chose, avec un certain succès», reprend Céline Fabrequette. «Mais ces politiques ne prennent en compte les besoins spécifiques des membres de la diaspora africaine. Elles rencontrent pourtant des problèmes spécifiques. Un rapport de l’Agence européenne des droits fondamentaux vient de souligner les discriminations dont sont victimes les personnes noires.» D’après l’enquête «Être noir dans l’UE», environ un quart de la population noire a ainsi été victime de discrimination raciale dans le cadre du travail ou d’une recherche d’emploi.

Miser sur de jeunes leaders

Le vote des personnes touchées par ces discriminations pourrait jouer en faveur de politiques ciblées pour mettre un terme à ce problème. Toute la difficulté est de porter ce message auprès d’un public qui, bien souvent, n’exerce pas son droit de vote (surtout dans les pays où le vote n’est pas obligatoire). «Il ne sert à rien d’envoyer un représentant de l’Union européenne leur parler. Il faut que ce message soit porté par la communauté elle-même. Notre idée est donc de former des leaders d’opinion, leur expliquer comment se construit une législation européenne et comment elle a un impact sur leur quotidien», souligne l’African Diaspora Youth Forum in Europe.

Des jeunes ont été sélectionnés et invités à participer à un atelier à Bruxelles. Les uns sont étudiants, les autres travaillent, certains sont engagés dans une association… «On ne demande pas aux candidats d’être obligatoirement engagés dans le monde associatif. Ce qui compte, c’est qu’ils soient, du fait de leurs occupations, engagés et influents auprès de leur communauté.» Cette manière d’expliquer l’Union européenne vise ici les Européens afrodescendants. «Mais elle pourrait être utilisée pour expliquer l’Europe auprès de toutes les minorités qui se trouvent, de fait, éloignées du vote», concluent les promoteurs du programme.(cg)

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