Emily Blunt se confie sur son rôle de nouvelle Mary Poppins

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Ph. D.R.

Il est déjà assez difficile de donner, plus de 50 ans après, une suite à un classique intemporel de Disney comme ‘Mary Poppins’. Mais une question tout aussi importante se pose alors: à qui confier le rôle de la gouvernante-magicienne dans ‘Mary Poppins Returns’ (‘Le retour de Mary Poppins’)? Le choix s’est porté sur l’actrice britannique Emily Blunt.

Emily Blunt a déjà montré ce dont elle est capable dans, notamment, ‘Sicario’, ‘The Girl on the Train’ (‘La fille du train’) et, au début de cette année encore, le thriller d’horreur ‘A Quiet Place’ (‘Sans un bruit’). Des films tout sauf joyeux donc. Son casting pour ‘Mary Poppins Returns’ est donc tout de même un peu une surprise. Très vite après que le réalisateur Rob Marshall ait annoncé que Blunt jouerait le rôle principal, une très bonne nouvelle est arrivée: l’actrice avait la bénédiction de la Mary Poppins du film original, Julie Andrews.

Emily Blunt: «Cela a été un grand soulagement quand j’ai appris la nouvelle. Je ne peux pas m’imaginer ce que j’aurais dû faire si Julie Andrews avait laissé entendre qu’elle désapprouvait. Enfant, j’étais très fan de Mary Poppins. J’avais six ans quand j’ai vu le film original et je me souviens que je voulais aussi danser avec des pingouins. Et que j’étais terrifiée par les banquiers. L’idée de jouer Mary Poppins me rendait extrêmement nerveuse. Mais ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose d’avoir peur. Au contraire même, je trouve que ce n’est pas bon signe si je ne ressens pas un peu d’appréhension avant d’entamer quelque chose. Même si je dois avouer que j’ai rarement eu une telle frousse qu’avec ce film. J’étais très contente d’avoir un an et demi pour me préparer.»

Qu’est-ce que Mary Poppins a de si particulier?

«Je trouve cela beau la façon dont elle ne fait pas disparaître tous les problèmes avec ses pouvoirs magiques. Et elle n’intervient pas non plus en levant l’index, pour faire la leçon aux gens. Elle regarde ce qui ne va pas, elle voit ce dont vous avez besoin et puis elle sème le germe de la solution en vous. Elle vous donne un coup de pouce, de telle sorte que vous ayez l’imagination et le courage nécessaires pour trouver la solution en vous. Elle vous permet de vous découvrir vous-même. Elle vous apprend à voir les choses autrement, mais elle n’imposera pas sa volonté. Au bout du compte, vous devez décider vous-même de ce que vous faites. Je trouve que c’est une très belle manière d’aider les gens.»

«Enfant, j’étais très fan de Mary Poppins»

Votre interprétation de Mary Poppins est clairement un peu plus osée que la version de Julie Andrews. L’avez-vous fait exprès, ou est-ce simplement votre propre personnalité?

(rires) «J’ai toujours pensé que Mary Poppins est un peu provocatrice. Elle aime bien flirter, elle est audacieuse et assez vaniteuse. Elle trouve cela plutôt agréable quand des hommes s’intéressent à elle. (rires) A mes yeux, elle a une poussée d’adrénaline quand elle peut se plonger dans un monde imaginaire. Dans ces moments-là, elle peut laisser tomber son apparence sévère et se défouler totalement. C’est son job de réapprendre aux gens à s’émerveiller comme un enfant. Ce sentiment d’audace et de liberté, il faut donc pouvoir le voir en elle aussi.»

Dans le film original, il était question d’adultes qui doivent réapprendre à voir le monde avec des yeux d’enfant. Cette fois, il y a en plus un enjeu: le père ne peut plus payer ses emprunts et la banque risque de lui prendre sa maison. Un signe des temps?

«Cela explique pourquoi la famille avait besoin d’urgence de Mary Poppins. L’enjeu devait être plus important, car pourquoi reviendrait-elle sinon? Michael, le père de famille qui dans le film original était encore un enfant, est à mes yeux la raison principale de son retour. Indépendamment de cela, il était important de raconter une histoire qui est aussi pertinente pour le monde actuel, qui reflète comment les gens se sentent aujourd’hui. Beaucoup de gens ont l’impression que personne ne défend leurs intérêts. Nous avons peut-être tous besoin de Mary Poppins.»

Le grand méchant de cette histoire est un banquier. Que pensez-vous du fait que c’est finalement quand même la banque qui sauve la famille?

«Tout est possible, même l’impossible, dit Mary Poppins. (rires) Le poète perse Rumi l’a formulé de très belle manière, il y a 800 ans: ‘Par-delà les idées du bien et du mal, il y a un champ. J’aimerais t’y rencontrer.’ Je pars du principe qu’il existe aussi de bons banquiers. Ils ne peuvent pas tous avoir de mauvaises intentions.»

Ruben Nollet