La N-VA veut voter certains dossiers, mais pas donner un chèque en blanc

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Le député N-VA Jan Spooren a affirmé dimanche, sur la VRT, la volonté de son parti de soutenir le gouvernement minoritaire Michel II sur des dossiers que la N-VA a contribué à élaborer, mais il a rejeté l’idée que le gouvernement puisse rechercher des majorités à la carte. « Nous voulons approuver certains dossiers, que nous avons contribué à former, mais nous ne sommes pas prêts à donner un chèque en blanc », a affirmé M. Spooren dans l’émission De Zevende Dag.

L’incertitude plane depuis plusieurs jours sur la volonté de la N-VA de soutenir jeudi prochain le budget 2019 à la Chambre, qui entendra mardi le Premier ministre à qui elle réclame – avec les autres partis d’opposition – de dévoiler son programme de gouvernement et de solliciter la confiance.

Jan Spooren a confirmé qu’une délégation de la N-VA avait rencontré samedi le Premier ministre Charles Michel pour examiner ce qu’il était encore possible de réaliser après le départ de son parti du gouvernement, devenu de ce fait minoritaire à la Chambre.

« On discute, c’est une avancée par rapport à la semaine dernière », a commenté la ministre Maggie De Block (Open Vld) dans la même émission.

Jan Spooren insiste sur la nécessité pour le Premier ministre de clarifier la direction que veut prendre le gouvernement. Il ne peut être question d’un « shopping » qui verrait la coalition MR-CD&V-Open Vld partir à la recherche de majorités à la carte selon les dossiers.

Pour Groen, le député fédéral Kristof Calvo a répété qu’il n’était pas question pour lui non plus de « dépanner » le gouvernement. L’écologiste réclame une « vraie collaboration » avec le parlement, notamment en matière climatique. Il ne craint pas des élections anticipées, mais juge que ce ne serait pas dans l’intérêt du pays, alors que les scrutins régionaux et européen sont déjà programmés le 26 mai.

Des élections anticipées ne sont pas non plus du goût du patron de la Fédération des entreprises de Belgique, Pieter Timemrmans. Elles signifieraient « une année de perdue, un budget virtuel, un ‘jobdeal’ virtuel et des mesures virtuelles pour répondre au Brexit », sans compter la complexité pour les interlocuteurs sociaux de mener sans budget ni gouvernement les négociations sur le prochain accord interprofessionnel (AIP). Le Premier ministre a annoncé samedi lors d’une rencontre avec ces derniers (Groupe des Dix) qu’une enveloppe bien-être de 753 millions d’euros serait disponible, selon M. Timmermans.

Pour Miranda Ulens (FGTB), la crise actuelle est une opportunité pour le gouvernement de prendre un virage social, mais la syndicaliste dit craindre que M. Michel ne l’ait pas compris.

Source: Belga