COP24: La communauté internationale adopte un règlement pour faire vivre l’Accord de Paris

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AFP / J. Skarzynski

Les 196 pays réunis depuis deux semaines à Katowice, en Pologne, pour la 24e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, ont adopté samedi soir, à l’issue d’âpres négociations, un corpus de règles censées donner vie à l’Accord de Paris sur le climat.

Le président polonais de la COP24, Michal Kurtyka, s’est réjoui de cette adoption, qui permet au monde d’avancer dans la concrétisation des ambitions de l’Accord de Paris, évoquant « un moment historique ».

Ce règlement d’une bonne centaine de pages, ou « rule book » dans le jargon onusien, a été adopté sous les applaudissements au terme d’une COP24 ayant joué les prolongations jusqu’à samedi soir. Il est le fruit de deux années de discussions techniques et laborieuses, contrariées par des vents contraires, comme l’élection de dirigeants climato-sceptiques, l’Américain Donald Trump en tête.

Vers une voie acceptable

Pour techniques qu’elles soient, ces règles de mise en œuvre sont essentielles pour assurer un bon fonctionnement de l’Accord de Paris dont l’objectif est de limiter le réchauffement climatique nettement en-deça de 2°C, et si possible à 1,5°C, ainsi que pour permettre une confiance réciproque entre les États. Il s’agissait de trouver une voie acceptable entre les exigences des pays développés d’un suivi strict des engagements et la demande des pays en développement d’une certaine flexibilité.

L’autre sujet de la COP24 était le relèvement de l’ambition, auquel devait conduire le « dialogue Talanoa » décidé l’an dernier lors de la COP23 à Bonn. Ce « rehaussement », mot répété à l’envi tout au long de cette quinzaine polonaise, est nécessaire au regard des engagements pris jusqu’ici par les États, lesquels engagements conduisent la planète sur une trajectoire d’un réchauffement de +3°C. Sur ce plan toutefois, le sursaut d’ambition attendu par les États les plus touchés par les changements climatiques, ainsi que par les ONG, ne s’est pas produit à Katowice.

AFP / J. SKARZYNSKI

De l’ambition

« L’ambition, , ambition, ambition, ambition, ambition », c’est ce qu’a répété le secrétaire général de l’Onu samedi, en appelant la communauté internationale à renforcer son action contre le réchauffement planétaire, à ce stade insuffisante pour contrer les dérèglements du climat. « Katowice a montré une fois de plus la résilience de l’Accord de Paris, notre robuste feuille de route de l’action climatique », a dit Antonio Guterres, dans un message lu par la responsable climat de l’Onu, Patricia Espinosa. « L’approbation du ‘programme de travail de l’accord de Paris’ (le mode d’emploi, NDLR) est la base d’un processus de transformation qui demandera une ambition renforcée de la part de la communauté internationale. La science a clairement montré que nous avons besoin d’ambition accrue pour battre le changement climatique », a-t-il ajouté.

Et « désormais mes cinq priorités seront ambition, ambition, ambition, ambition et ambition », a-t-il répété dans ce message: « ambition en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’adaptation (aux impacts, NDLR), de financements, de coopération technique et d’innovation technologique ». Pour l’Onu, « l’ambition doit guider tous les Etats membres », appelés par l’accord de Paris à réviser leurs engagements nationaux d’ici 2020: « c’est notre devoir de faire plus et je compte sur vous », a encore dit Antonio Guterres, qui organisera en septembre à New York un grand sommet climat consacré au renforcement des engagements nationaux. Le diplomate portugais est revenu trois fois à la COP24, pour contribuer à faire avancer des tractations à la peine.