Vivre en totale autonomie, le rêve ! Mais pas si simple …

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Ph. Unsplash

Si de plus en plus de personnes sont tentées par l’autonomie énergétique, peu encore sautent réellement le pas. Et on le comprend, car il s’agit d’un véritable parcours du combattant, si l’on regarde les obstacles traversés (et ce n’est pas fini !) par Rudy Overheyden. L’autonomie n’est pas toujours facile à acquérir, elle a un prix, et certains monopoles veillent au grain.

Rudy Overheyden est expert en matériaux écologiques et en assistance à l’auto-construction. Sa volonté première avec la maison qu’il a construit, c’est de réaliser l’autonomie maximale et de réduire son empreinte écologique. Cependant, des difficultés multiples insoupçonnées sous-tendent ce nouveau statut, celui d’«autonome».

Il a fait sa maison tout seul !  Enfin, presque

C’est dans la jolie vallée condruzienne,  au confluent de la Meuse et de la Molignée, que Rudy et son épouse ont acquis un terrain situé au cœur de la nature, il y a huit ans, sur lequel il n’y avait aucune connexion : ni eau, ni électricité, ni égoûts.

A peine le terrain acheté, ils se sont rendus compte qu’il y avait là un projet de station d’épuration. S’en sont suivis différents problèmes d’urbanisme et autres, plutôt surréalistes. En attendant de pouvoir réaliser leur construction, lui et son épouse ont connu la vie en caravane pendant sept ans, une situations transitoire initialement prévue pour un an.

Budget de la maison : environ 250.000 euros

Pourquoi avoir opté pour l’autonomie totale ?

« Parce qu’Ores me demandait 25.000 euros pour mettre une cabine à mes frais, et ça m’a décidé de mettre du photovoltaïque. Et encore j’avais à cette époque, beaucoup de chance, car les personnes qui ont acheté les terrains ici à côté, on leur demande aujourd’hui entre 80.000 et 100.000 euros pour  se raccorder à l’électricité et je pense qu’ils vont abandonner leurs projets, parce qu’ils n’avaient pas prévu cela dans leur budget de départ. Pour le raccordement à Internet, Voo nous demandait 15.000 euros ».

La maison

« Notre maison est autonome en électricité, chauffage et eau. Nous avons juste un petit poêle à pellets d’appoint. Pour internet, je suis en 4G et j’ai une ligne fixe. On utilise l’eau de pluie uniquement : j’ai deux cuves de 10.000 litres, avec cinq filtres à la cave, et un filtre céramique sous l’évier qui potabilise l’eau. Le bâtiment a été réalisé en argile et en bois principalement. Avant d’être autonome, il faut avoir conçu un bâtiment qui soit hyper peu énergivore, parce que devenir autonome avec un bâtiment énergivore, c’est inconcevable ».

Autonome = insalubre !

Théoriquement la maison de Rudy est « insalubre », car elle n’est raccordée ni à l’eau, ni à l’électricité, ni à l’égoût ! « Du coup, j’échappe à toutes les taxes et j’imagine que ça va poser problème. Quid du précompte immobilier sur un bâtiment insalubre ? Et quid de l’assurance-incendie ? est-elle valable ? Bon nombre de questions restent en suspens : «Je suis content de ce que j’ai fait… mais je me demande toujours ce qui va me tomber sur la tête ! Je n’ai pas l’intention de me laisser faire… »

Anne Gillet

L’expérience vous tente ?

Rudy a l’intention de lancer un projet communautaire d’activité artisanal, totalement autonome. La zone n’est pas reprise par le BEP (www.bep-entreprises.be).

Infos

Tél : +32 (0)477 890 820

Si vous cherchez des idées : chaque dernier samedi du mois, on peut visiter le bâtiment AlternHome au 63 rue de la Molignée à 5537 WARNANT www.belalternative-shop.be

 

Cet article provient du magazine belge indépendant BIOTEMPO qui a pour credo : « Comprendre, changer, agir maintenant ».