La chaise électrique après 36 ans dans les couloirs de la mort

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AFP / Fannie Carrier

Le Tennessee doit électrocuter ce jeudi un condamné qui patiente depuis 36 ans dans les couloirs de la mort, relançant les interrogations sur la pertinence de la peine capitale si longtemps après le crime.

David Earl Miller, 61 ans, doit être exécuté à 19h local (1h GMT) dans le pénitencier de haute sécurité de Nashville, 37 ans après avoir tué une jeune femme qui souffrait d’une déficience mentale.

Objet de nombreuses maltraitances dans son enfance, il vivait d’expédients au début des années 1980 quand un prêtre du Tennessee l’avait recueilli chez lui en échange de faveurs sexuelles.

Habité par la rage, selon une expertise psychologique, il s’était déchaîné le 20 mai 1981 contre Lee Standifer, 23 ans, née avec des lésions cérébrales. Après l’avoir attirée pour un rendez-vous galant, il l’avait battue à mort avec un tisonnier avant d’abandonner son corps dans des bois adjacents au jardin du pasteur. Celui-ci avait découvert le corps et donné l’alerte. David Earl Miller avait été arrêté une semaine après le meurtre.

En 1982, il avait été condamné à la peine capitale, puis à nouveau en 1987, après que la Cour suprême du Tennessee eut ordonné un nouveau procès. D’autres recours judiciaires, tous infructueux, ont suivi.

Le condamné a aussi gagné quelques années grâce à la suspension des exécutions en 2009 au Tennessee, sur fond de polémique autour des produits utilisés pour les injections létales. Mais cet Etat du Sud vient de renouer avec cette pratique, et a exécuté deux hommes depuis le début de l’année.

La chaise plutôt que l’injection

L’un d’eux, Edmund Zagorski, avait choisi la chaise électrique -qui n’avait pas servi depuis 2013 aux Etats-Unis- plutôt que le cocktail de médicaments, par crainte qu’ils ne lui imposent de longues minutes de souffrance.

Pour la même raison, David Earl Miller et d’autres condamnés ont demandé à un tribunal fédéral d’imposer au Tennessee d’abandonner les injections létales au profit des pelotons d’exécution. La justice ne s’étant pas prononcée à temps, il a opté, à son tour, pour la chaise électrique.

Sauf si la Cour suprême accepte un ultime recours, David Earl Miller devrait être électrocuté ce jeudi soir. Il ne sera alors pas loin du record de 40 ans passés dans les couloirs de la mort par Gary Alvord, décédé de cause naturelle en 2013 en Floride.

La moyenne est généralement de 15,5 ans entre la condamnation et l’exécution, selon le centre d’information sur la peine de mort, qui déplore l’impact de ces longs délais pour les contribuables, les proches des victimes et les condamnés.

La mère de la victime de M. Miller, Helen Standifer, a indiqué au journal The Tennessean qu’elle ne serait pas présente lors de l’exécution: « Ca a duré trop longtemps, je veux juste que ça se termine ».