Les pharmaciens regardent vers le futur

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Les pharmaciens disposeront, avant la fin de cette législature, de leur organe d’avis fédéral : le Conseil des pharmaciens. La création de cet organe figurait dans le cadre pluriannuel conclu en mars 2017 par la ministre de la Santé Maggie De Block et le secteur.

Le Conseil n’aura pas pour seule fonction d’être consultable par les autorités lorsqu’elles le jugent nécessaire, il pourra également émettre des avis d’initiative, explique Joëlle Pieters, responsable de la cellule organe de conseil au SPF Santé publique.
Le Conseil des pharmaciens pourra ainsi s’exprimer sur les compétences spécifiques nécessaires, sur la collaboration avec les autres prestataires de soins, sur l’accompagnement des patients ou sur l’implantation de nouvelles évolutions techniques et scientifiques.

Les autres professions médicales disposent depuis longtemps d’un organe similaire. Pour les pharmaciens, la tâche était toutefois plus ardue, leur travail dépendant du SPF Santé publique mais aussi de l’agence fédérale des médicaments et des produits de santé.
Le conseil sera constitué de 16 pharmaciens, de deux médecins et de deux représentants d’associations de patients. Il sera bilingue et couvrira l’ensemble du pays.

La ministre de la Santé a déjà fait part de sa satisfaction. « Les pharmaciens se trouvent parmi les gens et sont parfaitement placés, en tant qu’experts, pour accompagner la population dans son utilisation des médicaments. La mise en place d’un organe d’avis renforcera leur rôle de prestataires de soins », a-t-elle expliqué. Selon la ministre, les avis que le conseil émettra « amélioreront encore les soins pharmaceutiques pour les patients ».

La pharmacie, un secteur en pleine évolution

La petite pharmacie de quartier doit faire face depuis quelques années à quelques mastodontes venus s’implanter sur le marché comme Newpharma, Pharma Expert, etc. Mais c’est l’enseigne Medi-Market qui semble prendre l’ascendant. Spécialisés dans les soins sans prescription, ces magasins évoquent le concept de supermarché de la pharmacie et parapharmacie, et ont très rapidement trouvés leur public après l’ouverture d’un premier magasin en 2014. L’expansion de la marque a même dépassé les espoirs de son patron Yvan Verougstraete. « On avait dit qu’on aurait 20 magasins en 2020, on en aura déjà 27 à la fin de cette année-ci », a-t-il récemment expliqué à la RTBF. Medicare-Market a même annoncé l’ouverture de dix nouvelles implantations en 2019. Parmi ses arguments de poids, de prix pouvant aller jusqu’à 30 % moins chers.

Le concept du pharmacien de quartier indépendant risque donc d’évoluer dans les prochaines années même si le conseil et le suivi restent d’une importance capitale pour le patient. La pharmacie est un marché qui évolue très vite. En février dernier, on comptait encore près de 5.000 officines en Belgique, ce qui se résumait à une pour 2.300 habitants. Mais la concurrence est force, et pas seulement dans le monde physique, puisque que les achats dans les pharmacies en ligne sont passés de 1,2 % du marché en 2014 à presque 5 % cette année. Chez nos voisins Hollandais en Allemands, ce taux atteint même 15 à 20 %.
On estime que 750 officines vont fermer dans les dix années à venir. Mais la Belgique est le deuxième pays européen qui possède le plus de pharmacies, et leur répartition n’est pas toujours adéquate. Face à tout cela, certains préconisent donc des fusions entre établissements qui permettraient de créer des structures plus grandes et donc plus viables économiquement. Quant au statut de pharmacien indépendant, il pourrait évoluer vers celui de l’employé voire du franchisé. Une chose est sûr en tout cas, l’heure ne sera plus à la solitude derrière le comptoir.
(pj)