Laurent Gounelle: Se libérer de sa personnalité pour devenir soi-même

Ph. A-E Thion

Deux ans après le livre ‘Et tu trouveras le trésor qui dort en toi’, Laurent Gounelle poursuit sa quête de la spiritualité dans ‘Je te promets la liberté’. Un sixième ouvrage dans lequel l’auteur explore les neuf personnalités de l’enéagramme. À travers cet enseignement, il nous apprend à surmonter nos peurs pour devenir pleinement nous-même en se libérant de notre personnalité.

Dans votre précédent ouvrage, vous avez commencé à aborder la spiritualité parallèlement au développement personnel. Sont-ils désormais indissociables pour vous ?

« Tout est un petit peu lié. On assimile parfois la spiritualité à la religion mais à tort. La spiritualité commence là où s’arrête la matière donc dès que vous êtes dans les sentiments, vous êtes quelque part dans la spiritualité. »

Vous disiez que la vie avait pris un sens différent en se tournant vers la spiritualité. Votre vie a-t-elle changé ?

« Non, ma vie suit une sorte de longue évolution puisque je me considère sur un chemin d’éveil. Notre travail, dans la vie, c’est de devenir pleinement nous-même notamment en nous libérant de toutes ces choses qui ne sont pas nous, de nos illusions. »

Dans cet ouvrage, vous évoquez un enseignement spirituel tiré de la pensée d’Evagre le Pontique. De quoi s’agit-il ?

« Il s’agit de tout ce qui permet de cartographier la psyché humaine à travers le plus ancien et le plus méconnu des modèles de personnalité: l’enéagramme. L’idée est que notre personnalité est un ensemble de filtres, de croyances sur tout ce qui nous entoure. Le modèle de l’enéagramme propose neuf visions de la vie, de soi-même et des autres. Le présupposé derrière ça, c’est que pour devoir être pleinement soi-même, il faut prendre conscience de ces filtres à travers lesquels on voit le monde et apprendre petit à petit à s’en libérer. »

« Ce qui veut dire que la vraie liberté consiste à se libérer de sa personnalité. »

La prise de recul est donc nécessaire pour arriver à un tel cheminement.

« La prise de recul aide à comprendre ce qu’il y a en nous. Il y a un piège, dans l’existence, qui est d’avancer la tête dans le guidon en s’accrochant à tout ce qui peut nous donner une illusion de plaisir. C’est notamment le cas lorsque l’on se retrouve dans un mode de consommation d’existence. Le but, c’est de découvrir ce qui nous épanouit vraiment et aller dans ce sens en ne cédant pas trop aux plaisirs faciles qui vont plutôt nous détourner de notre objectif voire nous rendre malheureux. »

Sans prise de conscience de notre véritable identité, sommes-nous donc des versions biaisées de nous-même ?

« Oui quelque part, d’où l’intérêt de ce travail sur soi. Sinon, on peut être à côté de la plaque toute sa vie et vivre dans des illusions qui rendent malheureux ou avoir des événements qui vont se répéter. Les personnes qui se sont libérées de leurs peurs vont devenir quelque part des champions de la confiance. »

Où s’arrête la limite entre le développement personnel et la recherche de la spiritualité chez vous ?

« Pour moi, c’est un peu la même chose. Le développement personnel qui n’irait pas sur le terrain spirituel risquerait de rester bloquer à des techniques qui vont vite trouver leur limite. Il y a un ordre dans l’évolution et le travail sur soi. Tout d’abord, il faut commencer à un niveau psychologique avant de commencer à s’intéresser au spirituel. Sinon il y a un vrai risque de se perdre. Une fois qu’on est bien avec nous-même, on va être moins obsédé par telle ou telle quête, comme le besoin de reconnaissance ou d’appartenance. On va pouvoir ainsi commencer à se questionner sur, par exemple, la place de l’Homme dans le monde ou dans l’univers. On arrive donc très vite dans des problématiques spirituelles. »

Quel est votre type de personnalité ?

« C’est la numéro 6. Au cœur de ma personnalité, il y a la peur et le doute. J’ai dû entreprendre un long travail sur moi. Je vivais l’enfer. Jusqu’à plus de vingt ans, j’étais maladivement timide, j’avais peur d’à peu près tout (des autres, des araignées, des missiles soviétiques, des accidents climatiques, de la foudre…). Mais un jour, j’ai compris que si je continuais à obéir à mes peurs, j’allais avoir une petite vie. J’ai donc travaillé sur moi à travers des lectures et des formations puis j’ai poussé la porte d’un psy. Ça a vraiment fait accélérer mon travail d’évolution. »

Aujourd’hui, êtes-vous proche du ‘paradis’ comme vous appelez le bonheur ?

« (Rires) Je ne suis pas un sage même si j’aimerais bien. Mais quand on avance sur le chemin de la sagesse, on est chaque jour plus épanoui que la veille. On est très très vite récompensé et on ne retombe pas dans ses anciens travers. Aujourd’hui, j’ai un certain équilibre de vie intérieure qui est très satisfaisant par rapport à ce que j’ai connu autrefois. »

Laura Sengler

 

Sybille n’a que dix jours pour sauver son poste de manager sur un bateau. Non contente de sa personnalité, la jeune femme va se tourner vers une confrérie secrète qui lui proposera d’en tester une autre afin d’être plus heureuse dans la vie. Une expérience non sans conséquences qui va lui permettre d’aborder le monde d’une manière différente. Se prenant au jeu du changement, elle va découvrir que chaque personnalité cache cependant une limite à la découverte de soi. Même si l’histoire prend du temps à décoller, Laurent Gounelle livre une fois de plus un incontournable du développement personnel. L’auteur français à succès réussit le pari de révéler, et de partager, l’exceptionnel enseignement d’Evagre le Pontique en mettant en lumière le savoir de l’enéagramme. À travers ce modèle, il pousse le lecteur à dépasser ses peurs et ses doutes qui l’empêchent d’avancer et à se libérer de sa personnalité. Une véritable invitation à trouver le chemin de l’éveil et atteindre la plénitude. (ls)

Ph. D.R

«Je te promets la liberté», Laurent Gounelle, éditions Calmann – Lévy, 352 pages, 20,90€