En Italie, les inondations mettent en lumière les constructions illégales

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Les inondations meurtrières qui ont ravagé l’Italie et anéanti une famille en Sicile ont relancé un vieux débat sur les constructions illégales dans le pays, en particulier dans le sud.

Pluies et vents continuent aujourd’hui de frapper le nord de la péninsule, avec des scènes de désolation dans les montagnes de Vénétie. La Sicile, sous le choc, se préparet aux funérailles après une semaine d’intempéries qui ont fait plus de 30 morts à travers le pays. Samedi soir, neuf membres d’une même famille, dont trois enfants âgés d’un, trois et 15 ans, sont morts noyés près de Palerme, quand l’eau et la boue d’une rivière en crue ont submergé la maison où ils dînaient.

Au-delà du deuil, le drame a relancé le débat sur les constructions illégales: la maison dévastée, dont les occupants n’étaient que locataires, avait été construite sans permis et trop près de la rivière et faisait l’objet d’un ordre de démolition établi en 2008, selon le maire de Casteldaccia.

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Selon l’institut national de statistiques Istat, près de 20 nouveaux bâtiments sur 100 en Italie n’ont pas de permis de construire. Si le taux de construction illégale se limite à 6,7% dans le nord, il monte à 19% dans le centre du pays et atteint 47% dans le sud. Le record revient à la Campanie, la région de Naples, où 64% des constructions n’ont pas de permis. Pourtant, si 16.500 ordres de démolition ont été émis dans la région entre 2004 et 2018, moins de 500 constructions ont effectivement été détruites.

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Fabio Spatafora, ancien maire de Casteldaccia, a expliqué que les municipalités manquent de moyens: «Si le propriétaire ne respecte pas l’ordre de démolition, la commune doit racheter la propriété ou l’abattre, et souvent, elle n’a pas les fonds». « Combien de morts et de tragédies faudra-t-il encore? », s’est interrogé Stefano Ciagani, responsable de l’organisation de défense de l’environnement Legambiente. «On continue de construire des maisons dans le lit des rivières parce qu’en Italie, il y a toujours une amnistie qui finit par passer».

Avant les élections législatives de mars, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), désormais au pouvoir avec la Ligue (extrême droite), avait promis de s’attaquer au problème, comme ont tenté de le faire plusieurs maires M5S ces dernières années en Sicile.