Des livreurs à vélo se réunissent dans une Fédération transnationale des coursiers

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Des livreurs à vélo se réunissent dans une Fédération transnationale des coursiers

Qu’ils livrent des repas pour Deliveroo ou Ubereats, qu’ils soient Belges, Allemands, Espagnols ou encore Autrichiens, des livreurs à vélo issus de 12 pays européens ont lancé vendredi à Bruxelles leur Fédération transnationale des coursiers. A l’issue de leur première Assemblée européenne des coursiers à vélo, ils ont établi une charte comprenant une dizaine de revendications, dont deux principales: le salaire horaire garanti et la transparence des données. Les livreurs à vélo réunis dans cette Fédération exigent un salaire horaire garanti. Jusqu’à présent, ils sont payés à la course. « Nous sommes sous-payés, moins de cinq euros par course », dénoncent-ils.

Ils revendiquent également la transparence des données traitées par les plateformes qui les emploient. « La véritable richesse de ces plateformes sont les données », expliquent-ils. A chaque course, Deliveroo, Ubereats et autres collectent des données sur le commerçant, le livreur et le client. A quoi servent-elles? Où sont-elles stockées? Les livreurs exigent la clarté sur l’utilisation de ces données.

« Les petits restaurateurs se font dépouiller par Deliveroo », dénonce un livreur français. L’entreprise américaine leur propose de prendre en charge les livraisons et promet d’augmenter le chiffre d’affaires du commerçant mais « en réalité, Deliveroo analyse les consommations des clients dans une zone déterminée. Ensuite, l’entreprise construit sa propre cuisine pour fournir elle-même les repas. Cela existe déjà en France et en Angleterre », affirme ce livreur. « A terme, la plateforme va cesser de travailler avec les restaurants car les données récoltées seront suffisantes. »

Pour défendre leurs droits et porter leurs revendications auprès des autorités nationales de chaque pays, les livreurs ont ainsi créé une Fédération transnationale des coursiers. Elle rassemble des collectifs issus de 12 pays: Autriche, Belgique, Finlande, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Norvège, Espagne, Suisse, Royaume-Uni et Irlande. Soixante collectifs et trente syndicats ont pris part à l’Assemblée européenne qui se tenait à Bruxelles jeudi et vendredi.

Vendredi soir, une cinquantaine de livreurs se joindront à la Masse critique organisée chaque dernier vendredi du mois pour exiger de meilleures infrastructures pour le vélo.

source: Belga