L’Islande, un petit coin de paradis animé sur Terre

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Ph. M. Hotterbeckx

Des paysages désolés, de spectaculaires chutes d’eau et les jolies maisons en tourbe au milieu de nulle part, c’est l’Islande selon Instagram. Mais si vous regardez les statistiques, vous savez qu’il faut aussi y ajouter de nombreux touristes. J’ai fait un circuit sur la route la plus populaire d’un des pays les plus populaires du monde.

L’Islande figurait depuis une éternité sur ma liste des objectifs à réaliser. Depuis si longtemps que, dans l’intervalle, le tourisme a quasi atteint sa capacité maximum dans ce pays et que ma vision de l’Islande est déformée par la prolifération de photos lourdement retravaillées sur Instagram! Je redoute dès lors avant de partir que le voyage ne puisse pas répondre à mes attentes très élevées…

Étape 1: Reykjavik et le Golden Circle

Je commence mon circuit de 10 jours par Reykjavik. J’oublie en grande partie la ville: à l’exception d’une église spéciale, il n’y a pas grand-chose à voir. Via la Ring Road, je pars en voiture pour le Golden Circle (le Cercle d’or). Les trois sites touristiques émaillant cette route donnent un avant-goût parfait de ce qui vous attend par la suite: un parc naturel, un geyser et une grande chute d’eau. La route fait 300 kilomètres au total. Les voyageurs efficaces bouclent ce parcours en 4 heures. En ce qui me concerne, je l’effectue en 6 heures parce que je tiens à photographier presque tous les rochers que j’aperçois! Comme prévu, je rencontre ici pas mal de touristes, mais ce n’est pas aussi pénible que je le pensais.

Étape 2: Landmannalaugar

Cette région montagneuse est décrite par beaucoup comme la plus belle et la plus mouillée du pays. Les trekkings de 4 jours y sont ici très populaires, mais faute de temps je décide de limiter ma visite à une journée. À bord d’un bus 4×4, je tressaute pendant 2 heures sur les routes de campagne. Je découvre en chemin des paysages les plus époustouflants les uns que les autres. Je suis tellement excitée que je passe quasi toute la balade le nez collé à la vitre!

Sur place, vous arrivez à une sorte de camp de base où vous pouvez dresser votre tente, vous doucher et vous baigner dans une source d’eau chaude. N’oubliez dès lors pas d’emporter des serviettes de bain et des vêtements de rechange. Le camp est plutôt animé, mais grâce aux différents itinéraires de randonnée, la répartition des trekkeurs se passe bien. Pendant de longues heures, je me promène seule sous la pluie dans des paysages les plus surréalistes et déserts les uns que les autres, tout en ne sachant pas vraiment si je suis sur la bonne piste! L’expérience se situe entre surprise pure et panique pure.

Étape 3: Skogafoss et Solheimasandur

Au cours de cette étape, j’affronte à nouveau des sites touristiques très populaires: une immense chute d’eau très impressionnante, la célèbre épave d’avion et une plage noire. Je rencontre ici pour la première fois le scénario que je redoutais au début: des hordes de touristes qui font la file pour plus ou moins la même photo. Bien entendu, je ne suis pas moins innocente qu’eux. Moi aussi, je vais me placer devant la cascade, en faisant soigneusement attention à ce qu’il n’y ait pas d’autres touristes dans les parages. Et pour l’épave d’avion, une balade à pied d’environ 4 kilomètres, je patiente même 3 heures pour pouvoir prendre la photo dénuée de toute âme qui vive. Acharnement touristique ou idiotie la plus totale? Sur la route du retour au van de camping sombre et froid, je réfute la seconde proposition, mais je suis bien contente d’avoir ce magnifique souvenir!

Étape 4: Jokulsarlon et les fjords de l’est

La Jokulsarlon est l’un des plus grands lacs glaciaires du monde. Les gigantesques blocs de glace bleus ont acquis depuis un statut d’icône auprès des amateurs de photographie et de nature. C’est pour moi un des points forts du voyage. Dans mon guide de voyage, je lis toutefois avant le départ un conseil très important: 6 kilomètres avant la Jokulsarlon se trouve la Fjallsarlon. C’est également une lagune glaciaire, mais beaucoup plus petite et donc aussi bien moins fréquentée que sa grande sœur. Si vous voulez prendre tranquillement le temps d’en faire le tour et offrir un régal à vos yeux, donnez sa chance à cette lagune. Si vous avez peu de temps, vous pouvez même sauter la Jokulsarlon et ne faire que la Fjallsarlon.

Si de la Jokulsarlon vous poursuivez vers l’est, vous allez remarquer que les touristes se font de plus en plus rares. Malgré la splendeur de ces sites touristiques, ce n’est qu’une fois vraiment dans l’est que vous pénétrerez dans la vraie Islande. Des routes sur lesquelles vous ne rencontrez personne, des falaises magnifiques, des lacs, l’horizon à l’infini…, le calme et la désolation du paysage s’emparent très vite de tout mon être: je deviens complètement zen dans ma vieille bagnole!

Étape 5: Borgafjördur et Husavik

Dans les fjords de l’est du pays, vous pouvez à différents endroits observer tant des macareux que des baleines. Pour apercevoir les premiers, vous devez vous rendre à Borgafjördur Eystri. Vous les y trouvez par milliers cohabitant en toute convivialité sur les falaises au bord de l’eau. Logiquement, des touristes viennent ici, mais il s’agit tout au plus de groupes de 10 à 20 personnes. Husavik est l’une des plus grandes villes du nord du pays et elle vit en grande partie pour les touristes qui y viennent observer les baleines. L’offre d’infrastructures de séjour et de petits restaurants y est plus grande qu’ailleurs: un contraste bienvenu après les paisibles fjords de l’est. Vous trouvez ici pas mal de sites touristiques dans les environs, mais ils sont en général bien moins fréquentés qu’à l’ouest et au sud du pays. Si vous voulez échapper à la foule, c’est ici que vous devez aller!