Red Dead Redemption 2 : le test du nouveau chef-d’œuvre de Rockstar

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Un peu plus de huit ans après Red Dead Redemption et cinq ans après GTA V, Rockstar Games est de retour avec Red Dead Redemption 2. Xbox One et PS4 tiennent-elles le meilleur jeu de leur génération ? À quelques heures de la sortie et après plusieurs dizaines d’heures de jeu, Metro vous dit tout !

En 2010, Rockstar Games, le studio à l’origine de la saga GTA, sortait des sentiers battus pour plonger les joueurs dans l’ambiance des westerns et du far west avec Red Dead Redemption. Écoulé à près de 15 millions d’exemplaires, le jeu a marqué la PS3 et la Xbox 360 de son empreinte et a laissé des souvenirs mémorables à celles et ceux qui ont incarné John Marston. Huit ans plus tard et après plus de cinq années de développement, la suite est enfin là et Red Dead Redemption 2 (RDR2) est prêt à faire parler la poudre sur Xbox One et PS4.

Dans les bottes d’Arthur Morgan

RDR2 se déroule en 1899 dans l’ouest américain, quelques années avant le premier opus. À l’aube d’un siècle nouveau, l’Amérique est à un tournant de son histoire. Une bande d’irréductibles hors-la-loi fait de la résistance et entend bien conserver son mode de vie malgré l’étau qui se resserre. Composé d’une dizaine d’hommes et de femmes et dirigé par Dutch, ce groupe de voyous vit en marge de la société. Bien qu’on retrouve John Marston dans la bande, c’est bien un autre personnage que l’on incarne : Arthur Morgan.

Dans les bottes d’un cow-boy, vous participerez au quotidien d’un brigand, à des braquages de banques ou de diligences bien sûr, mais aussi à diverses petites magouilles. Vous serez par exemple en charge de récupérer les dettes de la population. Parfois aussi, vous pourrez venir en aide aux personnages rencontrés sur votre route comme à cette archéologue à la recherche des fossiles de dinosaures, à cet auteur d’un livre sur les grands bandits de l’époque ou encore à ce collectionneur de cartes qui se trouvent dans les paquets de cigarettes.

RDR2 est aussi l’occasion de découvrir une époque et un contexte social jamais exploré et détaillé à ce point dans un jeu vidéo. C’est une plongée unique dans une période où les habitants s’inquiètent de l’arrivée des « voitures sans chevaux » comme ils les appellent, où le racisme et l’esclavage sont omniprésents et où des femmes commencent à manifester pour revendiquer le droit de vote.

Vis ma vie de cow-boy

Les développeurs de Rockstar Games l’ont déjà prouvé par le passé : ils sont passés maîtres dans la création de mondes ouverts. RDR2 n’échappe pas à la règle et devient même la nouvelle référence en la matière. La carte est immense et présente une variété de décors insoupçonnée. Au-delà des petites villes typiques du far west avec leur saloon, leur banque et leur bureau de shérif, RDR2 vous emmènera dans des endroits étonnamment variés comme des sommets enneigés, des plantations de tabac, des zones marécageuses et même dans une surprenante ville industrielle en pleine éclosion, Saint Denis. On ne vous en dira pas plus pour vous laisser la surprise mais sachez qu’il vous faudra bien plus de 50 heures avant d’explorer tous les recoins de ce monde ouvert rempli de vie et de surprises.

Comme son prédécesseur, RDR2 fait également la part belle aux grandes entendues où règne la vie sauvage et où vivent pas moins de 178 espèces animales et 30 sortes de poissons. Il faudra ainsi chasser et pêcher pour obtenir de la nourriture indispensable à la survie du clan. Car en effet, le campement du gang est au cœur du jeu. C’est là que se trouve le lit d’Arthur, que le boucher prépare la nourriture, que de nombreuses missions débutent et que les membres se rassemblent autour du feu. C’est aussi parfois le lieu de fêtes mémorables où le whisky et la bière coulent à flot. Il est également préférable, voire nécessaire, de participer à la vie et aux corvées du camp, de discuter avec le gang, d’amener de la viande ou du poisson, mais aussi de reverser une partie de son argent pour financer des améliorations et pour se faire bien voir.

L’éloge de la lenteur

Vous l’aurez compris : RDR2 regorge de choses à faire. Attention cependant à ne pas vous faire trop d’illusions. En dehors des missions principales scénarisées, la réalité n’est pas toujours aussi rythmée que ce qui a été présenté dans les trailers du jeu. La vie de cow-boy n’est pas toujours facile à vivre. À de nombreuses reprises, vous effectuerez des longs trajets seul sur votre cheval. Sans possibilité de faire des « voyages rapides » (qui se débloquent plus tard dans le jeu et peuvent se faire uniquement au départ du camp), vous devrez parfois passer la nuit loin de votre campement dans des environnements hostiles où rodent les chasseurs de prime. Il ne faut jamais oublier qu’il faut avant tout survivre, dormir, manger et empocher de l’argent dès que l’occasion se présente. RDR2 est un jeu mature, lent et avec des milliers de lignes de dialogue. Comme les GTA, il risque d’ailleurs d’horripiler les joueurs anglophobes allergiques aux sous-titres puisqu’il existe uniquement en VO sous-titrée.

Le jeu se divise en plusieurs chapitres, chacun d’entre eux racontant l’histoire et les péripéties du gang dans un campement. Acculé par les autorités et les bandes adverses, le clan de Dutch est contraint de se déplacer et migrer vers d’autres endroits. Malgré les changements, votre plus fidèle compagnon du début à la fin de l’aventure reste votre cheval. La relation avec votre monture est cruciale. C’est bien plus que votre principal moyen de transport. Vous passerez toutes les missions avec lui et à force de le nourrir, le caresser et le brosser, un lien étroit se développe entre Arthur et son cheval. Au fur et à mesure, il gagne en rapidité et en énergie et vous devrez veiller à en prendre soin et à ne pas qu’il se fasse abattre, au risque de tout devoir recommencer cette relation avec un autre animal.

Du côté de la durée de vie, RDR2 vous fera passer l’hiver au chaud. Comptez un peu plus de 60 heures pour boucler l’aventure principale et près de 100 heures de jeu pour atteindre le 100 % en terminant tous les défis et les missions secondaires. Une fois que Red Dead Redemption 2 terminé, rien ne vous empêchera de continuer à vous balader dans ce monde ouvert immense et imprévisible qui a toujours une surprise à vous réserver. Et puis, d’ici quelques jours, Red Dead Online fera son apparition. Comme GTA V, les développeurs continueront d’alimenter le jeu et sa durée de vie s’étalera probablement sur plusieurs années.

Une maniabilité parfois complexe

Nous avions pu en faire l’expérience lors d’une session de gameplay en avant-première : la prise en main de RDR2 n’est pas immédiate et pas toujours aisée. Lors des premières heures de jeu, il y a une multitude de choses à apprendre et à retenir. Il faut apprendre à gérer au mieux son équipement, à consommer divers types de nourriture et de lotions en fonction de ses besoins, à entretenir ses armes en les huilant car elles fonctionnent moins bien au fil du temps, ou encore à activer la fonction « Dead Eye » qui permet de ralentir le temps lorsque c’est nécessaire. L’apprentissage de tous ces mécanismes n’est pas toujours simple et demandera de nombreuses heures de jeu avant d’être maitrisé à la perfection. Par contre, une fois que tous ces aspects sont assimilés et maitrisés, RDR2 est un vrai régal à jouer. Même si force est de constater, qu’à cheval ou à pied, Arthur Morgan ne répond pas toujours au doigt et à l’œil et la maniabilité aurait pu être meilleure.

De plus, impossible de dire à l’heure actuelle si ces éléments seront corrigés lors de la sortie du jeu avec un patch mais nous avons rencontré quelques bugs plutôt fâcheux lors de notre test. Au-delà de quelques bugs graphiques et d’éléments étranges qui sont apparus quelques fois dans le monde ouvert comme des objets qui se mettent à voler, nous avons rencontré des soucis plus ennuyeux. En effet, des coéquipiers contrôlés par l’intelligence artificielle du jeu sont nécessaires à la réussite de certaines missions. Mais parfois, ils n’ont pas eu le comportement attendu et ils en sont venus à nous empêcher de boucler la mission. À chaque fois, ce n’était pas grand-chose (un cheval qui bloque la route qu’un coéquipier doit emprunter ou un allié qui « oublie » de monter sur sa monture), mais cela nous a obligé de recommencer la mission et de recharger la sauvegarde pour débloquer la situation.

Une claque sonore et visuelle

Enfin, comment ne pas évoquer Red Dead Redemption 2 sans parler de sa réalisation.  Nous avons réalisé ce test dans des conditions optimales sur une Xbox One X et sur un téléviseur 4K HDR et le résultat est magistral. Sur la console de Microsoft, le jeu tourne en 4K native HDR dans une résolution de 3840×2160 pixels. Tous les visuels qui illustrent cet article ont d’ailleurs été capturés par nos soins pendant notre test. RDR2 est sans aucun doute le plus beau jeu d’aventure réalisé à ce jour. Les textures en ultra haute définition sont sublimes. Les vêtements, les armes, les visages et les animaux sont bluffants de réalisme. Les conditions météo tout comme les cycles jour/nuit sont dynamiques et offrent des effets à couper le souffle. Cela devient même presque un plaisir de camper seul dans des endroits isolés pour admirer la voie lactée. Les traces laissées dans la neige ou dans la boue n’ont jamais été aussi belles. Enfin, le champ de vision est énorme et RDR2 offre les plus beaux panoramas jamais vus !

Plus de 1.000 personnes ont travaillé de près ou de loin au développement de Red Dead Redemption 2 et le jeu atteint un niveau de détail rarement vu auparavant. Chaque arbre planté semble avoir fait avoir fait l’objet d’une attention particulière. Même les catalogues d’armes, d’accessoires ou de vêtements disponibles dans les magasins ont été recréés dans le style de l’époque, publicités comprises. RDR2 est d’une richesse inouïe.

Le monde ouvert évolue également au fil du temps avec des nouvelles constructions dont les travaux avancent en « temps réel » ou des saloons temporairement fermés le temps de réparer les dégâts d’une bagarre. On n’avait jamais vu un tel souci du détail. Le système de personnalisation est lui-aussi poussé à l’extrême. Le joueur pouvant par exemple jusqu’à choisir la taille exacte de sa barbe, de sa moustache ou de ses favoris, qui repoussent au fil des jours. Il peut graver ses armes pour les rendre uniques et même jusqu’à choisir la poignée de la selle de son cheval.

L’aspect sonore n’est pas en reste des doublages et des bruitages d’une grande qualité mais aussi une bande-son magistrale. Cette dernière comprend pas moins de 192 pistes, dynamiques, composées par Woody Jackson. Ambiance western garantie.

Une nouvelle ère commence

Red Dead Redemption 2 est le jeu de tous les superlatifs. Comme son prédécesseur, il marquera la Xbox One et la PS4 de son empreinte et s’impose comme la nouvelle référence en matière de graphismes et de monde ouvert. C’est un jeu d’une richesse inouïe dans lequel les développeurs ont fait preuve d’un souci du détail jamais vu auparavant dans un jeu vidéo. Malgré une maniabilité parfois imprécise et imparfaite et la présence de quelques bugs qui devraient pourvoir être corrigés par des mises à jour, Red Dead Redemption 2 est non seulement le meilleur jeu de 2018 mais aussi de ces dernières années et peut-être des années à venir. Avec le nouveau jeu de Rockstar, une nouvelle ère commence pour Dutch et sa bande mais aussi pour les joueuses et les joueurs. (tw)

5/5

Découvrez la bande-annonce de lancement :

REVIEW OVERVIEW
Red Dead Redemption 2 (Xbox One, PS4)
SOURCEThomas Wallemacq