L’OMS met en garde contre les bruits environnementaux

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Le bruit est partout. Au travail, dans la rue, chez soi. Quotidiennement et à tout moment de la journée, chacun est confronté à la circulation des voitures, à une alarme incendie qui se déclenche ou aux trains qui rentrent en gare. Pourtant, tous ces bruits ont une influence sur notre santé. C’est dans cette optique que l’OMS a publié un rapport avec de nombreuses recommandations en matière de bruit.

Vous les entendez tout le temps sans forcément y prêter attention. Pourtant, les sons qui nous entourent ont une influence sur notre vie de tous les jours. Une influence parfois positive, mais souvent négative comme l’explique l’Organisation Mondiale de la Santé dans un rapport récent. «Les bruits liés à l’environnement sont un problème de santé publique important, qui figurent parmi les principaux risques environnementaux pour la santé. Ils ont des effets négatifs sur la santé et le bien-être humain et constituent une préoccupation croissante parmi le grand public et les décideurs politiques en Europe», expliquent les auteurs du rapport.

Parmi les effets néfastes possibles, on retrouve des problèmes cardiovasculaires, une perte d’audition ou une diminution sensible de la qualité de vie. Pour lutter contre ces menaces, les auteurs ont analysé plusieurs sources de bruit qui peuvent avoir des effets négatifs sur la santé. Chaque type de bruit a été analysé à deux moments de la journée: durant la journée et durant la nuit.

1. Circulation routière

Au niveau de la circulation routière, l’OMS recommande que le bruit produit par le trafic sur les routes atteigne au maximum les 53 décibels. Tous les bruits qui seraient supérieurs à cette limite ont un effet négatif sur la santé. Durant la nuit, le seuil descend encore plus bas, à 45 décibels. Un son plus élevé aurait des effets négatifs sur la qualité du sommeil. Et il semble qu’il y ait encore du travail. En 2016, Bruxelles Environnement sortait une carte sur l’exposition de la population au bruit du trafic routier. On y apprend que de jour, 36% des habitants sont confrontés à des bruits de trafic inférieurs à 55 décibels. Et presque un Bruxellois sur deux (47%) s’expose à un bruit compris entre 60 et 75 décibels. La nuit, les résultats ne sont guère plus encourageants. 28% des habitants se trouvent en dessous du seuil de 45 décibels recommandés par l’OMS. Et si le bruit diminue logiquement, un habitant sur quatre est encore confronté à des bruits dépassant les 60 décibels en période nocturne.

2. Le trafic ferroviaire

L’année dernière, la SNCB a transporté plus de 230 millions de voyageurs. Un chiffre en augmentation par rapport en 2016. Pourtant, les gares et les maisons situées aux alentours du trafic ferroviaire subissent aussi quotidiennement des nuisances liées aux sons produits par les trains. Ici, les normes sont plus ou moins similaires à celles des voitures. En journée, l’OMS estime que le son ne devrait pas dépasser les 54 décibels. Pour la nuit, on est à 44 décibels. «Le bruit des chemins de fer est une source majeure de pollution localisée. Néanmoins, il est important de considérer l’importance des chemins de fer en tant que mode de transport écologique», précisent les auteurs du rapport.

3. L’aviation

Ce troisième point fait débat depuis des années à Bruxelles et dans le reste de la Belgique. «De nombreuses preuves des effets néfastes d’une exposition à long terme au bruit des avions existent», commentent-ils. Dès lors, l’OMS recommande que les bruits produits par l’aviation soient inférieurs à 45 décibels en journée et à 40 décibels pendant la nuit. Si, durant la nuit, un peu plus d’un million de Bruxellois (91%) sont affectés par un bruit de moins de 45 décibels, les résultats sont un peu moins bons durant la journée. Bruxelles Environnement nous apprend qu’en 2016, 63% de la population bruxelloise était confrontée à une nuisance sonore allant de 45 à 60 décibels. Le reste se trouve sous la limite des 45 décibels et des chiffres plus précis sous ce seuil ne sont pas communiqués. La loi est d’ailleurs beaucoup plus permissive que cette norme de l’OMS. L’arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles Capitale relatif à la lutte contre le bruit généré par le trafic aérien limite en fonction des zones le bruit des avions à un niveau allant de 55 à 60 décibels en journée et de 45 à 50 décibels durant la nuit.

4. Recommandation générale

En ce qui concerne l’exposition quotidienne moyenne au bruit, l’OMS recommande de réduire la moyenne quotidienne de toutes les sources de bruit à 70 décibels en 24h. Au-dessus de cette moyenne, les bruits, dont ceux provenant des loisirs comme la musique, peuvent avoir des effets néfastes sur la santé. «Il a été prouvé qu’il n’y a pas d’augmentation significative de risque de dégâts permanents au niveau auditif en dessous de ce niveau d’exposition au bruit», concluent les auteurs.