De plus en plus de régions américaines privées d’information locale

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Des régions américaines entières sont aujourd’hui privées d’information locale, selon une étude publiée lundi par l’université de Caroline du Nord, une situation en partie due à la disparition de 20% des journaux depuis 2004 aux Etats-Unis. Cent soixante-neuf des 3.143 comtés du pays ne possèdent aucun journal, quotidien ou hebdomadaire, en ligne ou imprimé.
Dans 1.449 autres, certains d’une superficie de plusieurs milliers de kilomètres carrés, il n’existe qu’un seul journal imprimé, « souvent un hebdomadaire », indiquent les auteurs de l’étude.
Dans les comtés privés d’information locale écrite, la proportion de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté est supérieure à la moyenne (18% contre 13%), tandis que le niveau d’éducation moyen et le revenu moyen y sont sensiblement inférieurs.
Les « déserts » d’information, privés de journaux papiers, représentent 3,2 millions de personnes, soit environ 1% de la population américaine.
Entre 2004 et 2018, 1.779 journaux, quotidiens et hebdomadaires ont disparu, soit 20% du total, dont 189 quotidiens.
Il reste aujourd’hui 7.112 journaux aux Etats-Unis. « Compte tenu de la situation financière tendue à laquelle font face les journaux locaux aujourd’hui, beaucoup ne survivront pas », préviennent les auteurs de l’étude.
Le mouvement est plus marqué encore en tenant compte des rédactions qui existent toujours, mais ont perdu plus de la moitié de leurs journalistes depuis 2004, devenant des « journaux fantômes », comme les appellent les chercheurs de l’école de journalisme de l’université de Caroline du Nord.
Ils estiment à entre 1.000 et 1.500 le nombre de titres « fantômes » aux Etats-Unis, soit entre 14 et 21% des journaux d’information encore publiés aujourd’hui.
Dans tous les cas, « la qualité, la quantité et le spectre de leur contenu éditorial ont diminué de manière significative », selon l’étude. Depuis 2004, quelque 400 sites d’information locale ont été créés dans des agglomérations qui avaient perdu un journal, mais seuls deux d’entre eux ont couvert l’un des 171 comtés dans lesquels il n’y a plus de journal imprimé.
Les auteurs de l’étude observent que des organisations à but non lucratif ont apporté un soutien financier à de nombreux titres.
Comme d’autres avant eux, les chercheurs insistent sur la nécessité d’un partage plus équitable des revenus avec les géants d’internet.
Pour eux, les abonnements ne sauraient constituer la source principale de revenus de l’essentiel des journaux aux Etats-Unis, ce modèle étant réservé aux « agglomérations les plus vastes et les plus riches ».

source: Belga