Le tourisme passe au local

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Ph. Pexels

Comment profiter de belles vacances quand on se soucie de son empreinte carbone ? Le tourisme de proximité offre des solutions, qui peuvent même avoir l’avantage d’être très économiques.

Les vacances d’été sont pour certains l’occasion de prendre le temps de réfléchir et de prêter attention à la terre. Et le phénomène ne devrait pas fléchir, alors que des destinations paradisiaques deviennent totalement saturées par l’activité touristique. L’ile de Ko Tachai, en Thaïlande, a ainsi été fermée au public pour un période indéterminée.

Ph. C. Goret

La Cote et l’Ardenne multiplient leurs efforts

Face au tourisme destructeur, des alternatives tentent de faire valoir leurs offres. Depuis des années, la Cote compte sur les touristes d’un jour, ou d’un weekend, venus de Bruxelles ou de Wallonie pour faire tourner l’économie locale. Plus récemment, Wallonie s’est lancée dans une offensive de charme à l’attention des touristes… belges, entre autre. Il faut dire que le sud du pays a de quoi séduire. Les forêts ardennaises sont un écrin de tranquillité. Promenade, observation des animaux, ou simplement plaisir de se relaxer dans un gîte agréable entouré de verdure… Elle a tout pour plaire à une clientèle demandeuse de séjours de qualité pour des périodes relativement courtes. Les autorités en charge du tourisme ont d’ailleurs lancé cette année le programme Wallonie insolite, qui propose de visiter des sites inattendus ou encore de dormir dans des cadres hors du commun.

Randonnées à pieds et à vélo

Sans moteurs, les marcheurs et cyclistes sont une belle illustration d’un tourisme propre, à condition évidemment que cela se fasse dans un cadre respectueux de l’environnement. Début août, la province du Luxembourg belge a inauguré l’itinéraire de randonnée « Entre Lesse et Lomme », un parcours de 78 km pour une immersion totale en forêt. Le chemin est fait pour être parcouru en trois jours. Les marcheurs peuvent dormir gratuitement sur des aires de bivouac aménagées, ou bien se tourner vers un gîte de la région. Coté vélo, l’Echappée belge propose cette semaine de découvrir la Wallonie en deux roues. Sept étapes sont prévues, pour relier le Signal de Botrange à Hannut, en passant par Chaudfontaine, Marche-en-Famenne, Mariembourg, La Louvière… A chaque fois, le coût du séjour est des plus réduits, avec peu de frais de transport, et au maximum un hôtel à un prix abordable pour passer la nuit.

Les autorités touristiques locales sont de plus en plus attirées par ces touristes doux. Reste à savoir comment des randonneurs peuvent contribuer à la vie économique locale, notamment s’ils viennent marcher ou pédaler, mangent leurs repas lyophilisés, et dorment sur un site de bivouac. Le blogueur Julien Libert, qui travaille également pour la fédération du tourisme de la province de Namur, juge possible de valoriser ces visites. «Après un week-end de randonnée ou une journée à cheval, on apprécie de discuter autour d’un verre ou d’un repas », souligne-t-il. «Et pour passer la nuit, certains demandent plus de confort qu’un simple bivouac. Ils vont alors se tourner vers un gîte ou hôtel.» Et quand bien même les dépenses de chacun seraient assez modestes, elles ont l’avantage de ne pas avoir l’impact destructeur qu’ont les activités attirant un tourisme de masse.

 

Quand le tourisme devient un problème

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, le nombre de voyageurs a progressé de 4% en 2017. Il a ainsi atteint le chiffre record d’1,2 milliard de touristes à travers le monde. D’ici 2030, ce chiffre devrait encore grimper à 1,8 milliard. Mais l’explosion de ces déplacements de plaisance a un coût. Le poids croissant des transports (principalement l’avion et la voiture) dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre et le tourisme de masse qui bétonne les côtes et pompe les ressources en eau ont des effets dévastateurs. Face à cette tendance, certains opérateurs touristiques tentent d’offrir des solutions de tourisme durable, avec des offres offrant séjour chez l’habitant et activités avec les locaux. Les déplacements pour se rendre dans des destinations lointaines peuvent également etre « compensées », via des dons à des associations qui ouvrent pour la reforestation notamment. Mais ces dispositifs sont encore très peu connus.