SDG : Villes et communes durables – Des actions locales pour une mission globale

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Ph. Belga

Les communes, aussi modestes soient-elles, ont un rôle à jouer en matière de développement durable. Elles sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses à développer des actions.

«Penser global, agir local»: si l’effort en termes de développement durable doit porter au niveau global, de nombreuses actions concrètes peuvent être développées au niveau local. «Les villes et communes sont en première ligne face aux défis globaux, qu’ils soient environnementaux, économiques ou sociaux. Les autorités locales se sont engagées sur la voie du développement durable et intelligent de leurs villes et communes», souligne l’Union des villes et communes. Les actions portent sur l’urbanisation, la mobilité, la transition énergétique, ou encore la cohésion sociale. Son homologue flamande, la VVSG, a lancé un projet pilote avec 20 communes pour voir comment intégrer les objectifs de développement durable de l’Onu dans les politiques communales (voir ci-dessous).

Les élus locaux constatent également que c’est «au plus près de la vie des gens qu’émergent différents projets, mouvements, associations, qui témoignent d’une citoyenneté active». L’Union des villes et communes souligne qu’en catalysant cette énergie, les autorités locales «peuvent mettre le citoyen au cœur» du développement durable. Cela a mené l’organisation à lancer pour les communales d’octobre prochain un manifeste, «Villes et communes durables 2024». Et dans de nombreuses villes, différents projets sont déjà bien lancés.

Mobilité : Urbike à Bruxelles

Les populations urbaines sont de plus en plus critiques face à l’air pollué, au bruit, et au temps perdu pour se déplacer. La mobilité sera donc l’un des enjeux de la ville de demain. L’une des sources de congestion est la livraison des magasins. À Bruxelles, la coopérative Urbike veut encourager le transport par vélo cargo plutôt que par camionnette. Le service va être testé pour la livraison de courriers et colis, de produits pharmaceutiques aux pharmacies, de produits secs et frais pour des commerces, ainsi que pour des plateaux-repas. D’ici 2020, 115.000 livraisons doivent être effectuées, permettant d’économiser 550 tonnes de CO2, et de créer 17 emplois.

Gestion des déchets : Les composts urbains à Saint-Gilles

L’asbl Worms gère une centaine de composts de quartier en région bruxelloise. Les habitants d’un quartier, qui sont impliqués dans la gestion du site (trois ou quatre retournements par an, pour lesquels quelques bras sont les bienvenus), déposent leurs déchets alimentaires. Ils sont ensuite transformés en une terre fertile par l’action des vers, qui est donnée aux habitants qui en ont besoin. Outre cette création d’une terre utile pour le jardinage, le dispositif permet de réduire la quantité de déchets devant être collectés puis traités par les autorités.

Climat: La réduction des émissions de CO2 à Gand

Plusieurs villes se sont engagées pour réduire leurs émissions de CO2 à moyen ou long terme. Gand a adopté un plan climat qui doit permettre d’atteindre en 2019 une baisse de 20% de ses émissions de CO2 par rapport à 2007. Cela permettra d’économiser 1.274 tonnes de CO2. Pour y parvenir, elle mise notamment sur l’habitat, en soutenant la rénovation thermique, et alors que la consommation énergétique liée au logement compte pour près d’un tiers de la consommation énergétique totale. De nombreuses communes des trois régions du pays se sont engagées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre à court ou long terme (Neufchâteau, Houffalize, Mons…).

Logement : Des offres décentes et accessibles à Molenbeek

Le boom démographique va exiger la mise à disposition de nouveaux logements. Il sera nécessaire d’en construire pour répondre à la demande. Une autre piste, complémentaire, est de lutter contre le phénomène des logements vides. À Molenbeek, l’échevin en charge du Logement, l’Ecolo Karim Majoros, regrettait que le manque de logements pousse les prix à la hausse et empêche les habitants de se loger à un prix honnête. Sitôt entré en fonction, il avait annoncé sa volonté de s’attaquer à ce problème. Après avoir largement sensibilisé à cette question, la commune a entamé des actions en cessation contre les propriétaires de logements vides.

Participation citoyenne: des actions au niveau local à Ostende

Ostende fait partie du groupe pilote de la VVSG, l’organisation qui regroupe les villes et communes flamandes, pour ancrer le développement durable dans les politiques communales. «Différents projets sont en cours», explique Mieck Vos, directrice générale de l’asbl. «À Ostende, nous sensibilisons les habitants avec notre Ecoplan. Des adresses écologiques et durables y figurent. Il y a des conseils verts pour le shopping et les sorties. Ce qui est positif, c’est que cela stimule les commerçants à collaborer. Nous réalisons aussi une stratégie alimentaire. Les clients des restaurants qui trouvent que la portion servie est trop copieuse peuvent emporter le restant dans une boîte. Cela limite le gaspillage alimentaire.»

Aménagement du territoire: s’adapter au réchauffement climatique à Hotton

La destruction de terres agricoles au profit de nouveaux quartiers et habitations pose un problème croissant en termes de climat et de biodiversité. La bétonisation à outrance a pour effet de détruire l’habitat de nombreuses espèces, de gêner le cycle de l’eau ainsi que celui de la capture du carbone. Elle peut également provoquer des crues, lorsque les eaux ne sont plus absorbées par les sols. Ny, un village d’Hotton, était parfois inondé en cas de très fortes précipitations. Une digue a été construite afin de créer une zone inondable en cas de besoin. Cela doit aussi améliorer la qualité biochimique de l’eau de ruisseaux qui se jettent ensuite dans l’Ourthe.

Biodiversité: Communes et citoyens contre les pesticides à Ottignies-Louvain-la-Neuve

En 2019, les communes devront se passer de produits phytopharmaceutiques pour entretenir leurs espaces publics. La ville d’Ottignies – Louvain-La-Neuve a lancé la démarche ‘quartiers sans pesticides’, avec le soutien de Natagora, pour proposer aux citoyens de s’impliquer avec elle. Ces derniers peuvent également «adopter» un espace vert. Cela doit permettre d’atteindre plus rapidement des territoires sans pesticides, tant pour les espaces publics que pour les terrains privés.