Voitures, vélos… : la mobilité passe à l’électrique

698
AFP

De la voiture à la trottinette, en passant par le bus, le vélo et le scooter, toutes les solutions de déplacement passent à l’électrique. Cette transition doit rendre la mobilité de demain non polluante et silencieuse.

Le secteur des transports est souvent pointé du doigt. Responsable d’un quart des émissions de gaz à effet de serre, il contribue largement au réchauffement climatique. Il est également à la source de nombreux épisodes de pollution aux particules fines dans les centres-villes. Enfin, le fait que la mobilité soit essentiellement basée sur la voiture individuelle est responsable de files sans fin dans les grandes villes. Ce contexte pourrait ouvrir un boulevard à la mobilité électrique.

Les constructeurs auto s’adaptent

Volkswagen, l’un des principaux constructeurs automobiles, qui proposera une trentaine de modèles électriques d’ici 2025, Smart qui ne vendra plus que des modèles électriques d’ici 2020, l’emblématique Porsche qui propose désormais des véhicules 100% électriques… Le marché automobile européen est en train de changer. «L’électromobilité va s’imposer comme une évidence», estime Christian Hochfeld, directeur du centre de réflexion consacré aux transports Verkerhrswende. «Aucun pays ne pourra remplir ses objectifs climatiques sans un changement majeur dans les transports», explique-t-il.

 

Certes, les véhicules électriques ne représentent encore qu’une part marginale du marché européen, avec près de 2% des immatriculations. Mais les 180.000 véhicules électriques ou hybrides rechargeables vendus en Europe au premier semestre représentent tout de même une hausse de 43%. Les analystes du secteur s’attendent d’ailleurs à ce que les ventes de véhicules électriques se généralisent autour des années 2022-2023. Une enquête du bureau européen des consommateurs estime que les véhicules électriques seront plus rentables que les véhicules essence à partir de 2024.

Les villes veulent des zones basses émissions

Les zones à faibles émissions (Low emission zone, LEZ), se multiplient à travers l’Europe. En Belgique, Bruxelles et Anvers ont adopté ce mécanisme, qui exclut des centres-villes les véhicules les plus polluants. À Bruxelles, le dispositif va progressivement exclure les véhicules posant le plus de problème à partir du 1er octobre. De nouvelles exclusions entreront en vigueur chaque année d’ici 2025. Ces nouvelles réglementations devraient donner un coup de pouce aux véhicules électriques.

Belga / D. Waem

La généralisation de ces dispositifs s’explique par le rejet de la pollution exprimé de plus en plus fortement par les habitants des centres-villes. «Bruxelles ne pouvait plus attendre», a expliqué le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort, lors de la présentation du dispositif. Son collègue Didier Gossuin (Défi), avait ajouté qu’il était temps de «faire quelque chose pour la qualité de l’air que les Bruxellois respirent».

De plus en plus de cyclistes

L’usage du vélo a longtemps été présenté comme une alternative à la voiture individuelle. À Bruxelles, le nombre de cyclistes commence à décoller. Il a pratiquement doublé depuis 2010, passant de 13.000 à 28.000.

L’arrivée des vélos à assistance électrique pourrait bouleverser la situation. «C’est la meilleure solution de transport dans Bruxelles», assure un usager bruxellois séduit il y a déjà trois ans. «Le relief n’est plus un problème, les distances non plus. Avec l’assistance électrique, on ne transpire pas, c’est donc bien pratique pour se rendre au travail.»

 

Seul frein à son développement, son prix. Il faut compter au minimum 700 € pour un modèle de base. La mise à disposition de vélos électriques en libre-service pourrait toutefois régler ce problème. La startup bruxelloise Billy va déployer de nouveaux vélos à partir du mois de septembre. L’usage est facturé à la minute, avec l’idée qu’un trajet (une dizaine de minutes en moyenne) ne coûte pas plus qu’un ticket de bus.

Monoroues et hoverboards

Ils pourraient être bien plus que de simples gadgets: les monoroues et hoverboards, alimentés par une batterie, font figure de solution idéale simple pour parcourir de courtes distances, par exemple celle qui permet de rejoindre l’arrêt de transports en commun depuis son lieu de travail ou son domicile. «Ça change complètement les distances», explique un usager qui utilise une monoroue pour rejoindre l’arrêt de métro qui se trouve à deux kilomètres de son domicile. «J’y arrive en quelques minutes, et de là je rejoins facilement mon bureau. Avant, je devais attendre le bus, qui était souvent coincé dans les files, ou bien prendre mon véhicule.»

Alimenter les batteries

L’usage croissant de la mobilité électrique (voitures, vélos, monoroues…) au détriment des véhicules à essence ou diesel est, globalement, une bonne nouvelle pour le climat et la qualité de l’air. Il faudra toutefois veiller à ce que l’énergie électrique produite pour répondre à cette nouvelle demande ne soit pas une nouvelle source de pollution. «L’impact des voitures électriques sur notre consommation d’électricité est souvent surestimé», précise Joeri Thijs, expert en mobilité pour Greenpeace. Selon la Creg, cette évolution ne va provoquer qu’une hausse légère de la demande, qui pourrait donc être fournie par la hausse de la production d’énergies renouvelables. Joeri Thijs estime même que l’arrivée de voitures électriques sur le marché va présenter une tuile complément aux énergies renouvelables, puisque «des systèmes de chargement intelligents pourront stocker les énergies renouvelables en cas de surproduction». Il insiste également sur le besoin de réduire le nombre de voiture. «Il n’existe pas une technologie unique qui puisse offrir la panacée idéale pour réduire l’impact du trafic automobile. Y parvenir nécessitera une mobilité différente, dans laquelle nos villes et communes seront adaptées aux personnes plutôt qu’aux voitures. Favoriser le vélo, le train et le bus et partager les trajets pour diminuer les déplacements en voiture sera aussi important que le remplacement des voitures à carburants fossiles.»