Kendji Girac: « Si ça ne tenait qu’à moi, je ferais du rap »

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Ph. Fifou

Kendji Girac ne s’arrête plus. Après sa révélation dans The Voice en 2014, un premier album «Kendji» triple platine en Belgique et le deuxième «Ensemble», double platine, il est de retour. Dans «Amigo», il s’essaie à un nouveau style tout en gardant ce qui a fait la recette de son succès: sa guitare et sa simplicité.

Après deux albums et deux tournées, vous avez disparu de la circulation pendant un an. Où étiez-vous passé?

«J’avais fait 175 concerts et je n’avais pas arrêté depuis la sortie de The Voice. Il fallait que je fasse une pause un petit moment, histoire de me ressourcer, me reposer et aussi m’inspirer pour créer mon troisième album. J’avais beaucoup de pression pour celui-ci.»

Pourquoi?

«C’était le grand tournant de ma carrière. »

« Quand je suis arrivé dans le métier, on m’a dit que le troisième album allait être compliqué.»

Vous aviez peur de l’accueil du public à votre retour?

«Oui je pensais que ça n’allait plus être pareil. Je trouve que je suis parti trop longtemps. Je ne pensais pas qu’il y avait toujours autant de gens qui m’attendaient. C’est pour ça que je suis très content.»

Cet album, c’était un nouveau défi pour vous?

«Oui parce qu’il est quand même différent de ce que j’ai fait auparavant. J’ai mis la barre un peu plus haute. J’ai changé un peu de style en osant un côté un peu plus urbain avec des chansons très personnelles.»

Vous évoquez d’ailleurs sans tabou votre foi dans «Que Dieu me pardonne».

«La religion, c’est ma force et mon courage. Là je mets tout sur les épaules de Dieu (rires).»

Dans cette chanson, vous abordez également vos faiblesses avec beaucoup d’humilité.

«C’est important. Je ne suis qu’un homme, je suis exactement comme tout le monde. Mais bon, je puise ma force dans les gens qui me suivent, qui m’attendent.»

Cet album est également une vraie déclaration d’amitié. La vie auprès de vos proches ne vous manque pas?

«Si bien sûr que ça me manque! Il n’y a plus la même liberté, tout a changé. Je ne me donne plus le droit de sortir parce qu’il faut que j’assume plein de choses derrière.»

Sur le titre ‘Amigo’, vous dites que ce n’est pas vraiment la vraie vie au final.

«Ça concerne les photos que je publie. On se donne tous un rôle sur les réseaux et il y en a forcément qui ne disent pas toute la vérité.»

Ph. Fifou

Damso vous a écrit quatre chansons sur cet album. Comment s’est déroulée la collaboration?

«Damso, je le voyais sur des plateaux de freestyle. Je l’écoutais déjà avant qu’il soit énormément connu. Il est trop fort. Je suis un fan de ce monsieur. Je voulais prendre une nouvelle direction pour mon troisième album en testant un style que je n’avais pas encore fait. J’ai appelé Damso, il est venu jusqu’à Paris et on a commencé à discuter. Je lui ai dit que je voulais parler de la famille, des valeurs, d’une fille qui s’appelle Maria et qui me fait rêver…»

Il a pris le temps d’apprendre à vous connaître.

«Oui, il a pris le temps. D’ailleurs, il souriait, il a dû se retrouver dans les paroles et les histoires que je lui racontais. Il s’est mis carrément à ma place, dans ma peau, il a écrit comme si c’était moi. C’est ça que je trouve remarquable. Toutes les chansons qu’il a écrites je me vois dedans de A à Z.»

Il n’y a jamais eu d’appréhension par rapport à la réputation de Damso concernant les paroles de ses chansons?

«Si bien sûr j’avais peur de ça mais bon c’est pour ça que je lui ai bien expliqué ce que je voulais. Il a respecté ce choix-là et m’a écrit des textes dans un style urbain mais sans dire des mots grossiers ou quoi que ce soit. Au final ça me va très très bien, j’ai eu raison de travailler avec lui.»

C’est un style qui vous convient?

«Bien sûr si ça ne tenait qu’à moi, je ferais du rap je crois (rires). Mais je ne veux pas aller là-dedans. J’aime bien aussi la guitare, la mélodie et des ‘vraies’ chansons chantées.»

Il y a aussi une collaboration avec Vianney sur le titre «Pour oublier». C’était une volonté d’équilibrer la balance?

«Après avoir travaillé avec Damso, je ne savais pas si les gens allaient être choqués. C’est un nouveau Kendji, c’est différent. Alors pour casser vraiment cette image-là, je me suis dit que j’allais travailler avec Vianney. Je le connais depuis longtemps. On s’était vu sur des télés et on avait joué à la guitare ensemble dans des loges. C’est un gars très sympathique.»

Après cinq ans de carrière et des millions d’albums vendus à seulement 22 ans, de quoi rêvez-vous encore?

«Je suis en train de vivre mes rêves parce que j’arrive à faire des albums que j’apprécie énormément et des tournées. Je me vois encore durer dans cinq, dix ans. Je veux devenir un exemple pour les petits jeunes qui veulent faire de la musique, chanter ou jouer de la guitare.»

Laura Sengler

Kendji sera en concert à Forest le 29 mars 2019. Ouverture de la billetterie le 4 octobre sur www.odlive.be