Des plantations insolites à Bruxelles

484
Ph. Peas & Love

Un certain retour à la nature s’illustre dans les espaces publics belges. Le manque de place pousse à innover notamment à Bruxelles où de nombreux projets ont déjà vu le jour.

Des potagers de laitues, de tomates et d’autres légumes à deux pas du Palais de justice témoignent du développement de l’agriculture urbaine en Belgique. Même si la production alimentaire en ville se développe, elle accuse toutefois encore un certain retard par rapport à l’Amérique du Nord, faute d’un modèle économique suffisamment abouti. Néanmoins, de nombreuses initiatives plus insolites les unes que les autres ont vu le jour dans le pays.

C’est le cas de la ferme abattoir, la plus grande ferme suspendue de l’Union européenne inaugurée en avril dernier. Située sur le toit du bâtiment des abattoirs d’Anderlecht, elle comprend 2.000m² de serres et 2.000m² de potagers et jardins productifs. Grâce à son système aquaponique mêlant pisciculture et agriculture traditionnelle, elle développe une vaste gamme de produits et les propose dans plusieurs enseignes de supermarchés classiques, au rayon des produits locaux, mais aussi en vente directe.

Belga / C. Corbiau

Des potagers dans tous les recoins

De nombreuses autres fermes urbaines viennent également habiller le paysage bruxellois comme celles de Peas & Love. Le concept d’espaces potagers entretenus, inauguré en 2016 à Bruxelles, continue de se développer et a permis l’installation de 73 nouvelles parcelles sur le toit du magasin Caméléon à Woluwe-Saint-Lambert. L’idée a du coup été exportée sur le toit de l’hôtel Yooma à Paris.

 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Peas and love ☘️il se passe quelque chose sur le toit de @cameleon_comptoir_prive ❤️ #peasandlove_urbanfarm #rooftopfarm #organic #brussels

Une publication partagée par Aurelie Leempoel (@aurelie_leempoel) le

Un concept que propose aussi ‘Potage-Toit’, dont le but est la valorisation des espaces inutilisés pour une production hors-sol de légumes dans le milieu urbain. Cette initiative de l’association «Le début des haricots» a été lancée en 2012 avec l’installation d’un potager expérimental sur la terrasse de la Bibliothèque Royale de Belgique.

À Laeken, une ancienne cressonnière a de son côté été réhabilitée dans de longues tranchées destinées à l’origine au passage d’un train. Auparavant à l’abandon, elle est aujourd’hui cultivée par la Ferme Nos Pilifs et alimentée par des eaux de source. Autre potager insolite: la ferme verticale et ses cultures étagées imaginées en intérieur, dans un conteneur ou dans un bâtiment désaffecté, par la société belge Urban Crops. C’est sous des lampes LED, que les plantes vont se développer dans un climat entièrement contrôlé. Avec ce système, 50 m² de surface peuvent être rapidement transformés en 500 m² exploitables. Une sorte d’évolution des champs aux serres et des serres aux fermes verticales, comme l’explique Maarten Vandecruys, le jeune fondateur.

Ph. D.R

Circuit court

L’un des plus grands avantages de l’agriculture urbaine est avant tout de permettre l’accès à des produits particuliers en circuit court. Terminé les fruits et légumes qui traversent la planète avant d’atterrir dans notre assiette.

C’est ainsi que les caves de Curreghem, sous les halles des abattoirs d’Anderlecht, accueillent depuis 2016 une champignonnière de 750m² où sont cultivés 750 kilos de Shiitake par mois. Un projet initié par la jeune coopérative bruxelloise «Le Champignon de Bruxelles», qui réussit l’exploit de faire pousser des champignons exotiques à base de drèches de bière.

 

Une agriculture que la coopérative familiale Permafungi a décidée également de développer en faisant pousser des pleurotes dans les caves de Tour & Taxis à partir de marc de café aux côtés de chicons bio.

De son côté, Apis Bruoc Sella, une association bruxelloise d’éducation à l’environnement et de sensibilisation à la nature urbaine, a souhaité reconnecter les individus à la nature. En 2004, l’association a implanté son premier rucher sur une toiture de l’Université Libre de Bruxelles. Depuis, une dizaine d’implantations ont été réalisées dans la Région bruxelloise notamment sur le toit du Comité Économique et Social Européen, de la Bibliothèque d’Ixelles, du Thon Hôtel ou de la maison communale de Molenbeek-Saint-Jean. Résulta? Des centaines de milliers d’abeilles fabriquent du miel et font la promotion de la nature en ville.