Le « procès des hébergeurs » de migrants débute ce jeudi

Belga / E. Lalmand

Le procès de 12 personnes, dont des hébergeurs de migrants et des bénévoles du parc Maximilien, débute ce jeudi à 9h devant le tribunal correctionnel de Bruxelles.

Celles-ci sont poursuivies pour trafic d’êtres humains et organisation criminelle, après avoir apporté leur aide à des migrants. Un rassemblement, sous le slogan «Solidarity is not a crime», est prévu dès 8h jeudi, devant le palais de justice de Bruxelles, pour dénoncer la tenue d’un tel procès.

Neuf des douze prévenus interpellés dans le cadre de ce dossier avaient été placés en détention préventive. C’était le cas notamment de Wahid. Celui-ci avait été arrêté il y a 10 mois. Il est poursuivi pour avoir logé et nourri un jeune sans-abri en séjour illégal en Belgique, lequel est suspecté d’être un passeur. Ce dernier avait toutefois déclaré n’être qu’un simple migrant qui essayait de passer en Angleterre.

Zakia, une belgo-marocaine, avait également fait deux mois de détention préventive. Anouk Van Gestel, rédactrice en chef de Marie Claire Belgique, et Myriam Berghe, journaliste chez Femmes d’Aujourd’hui, faisaient également partie des personnes arrêtées. Elles sont soupçonnées d’avoir hébergé des passeurs et d’avoir aidé des migrants à traverser les frontières.

Appel à la mobilisation

Les autres prévenus sont, eux, suspectés d’être des passeurs. Certains sont toujours en détention préventive.

Jeudi, de nombreuses personnes appellent à la mobilisation devant le palais de justice de Bruxelles pour dénoncer un «procès politique» et une «criminalisation des tentatives d’aide à des personnes migrantes».

«Nous dénonçons ce procès que nous voyons comme une tentative d’intimidation face aux élans de solidarité qui fleurissent en Belgique et ailleurs et dont la plateforme citoyenne est le plus bel exemple», a communiqué la campagne «Solidarity is not a crime».