«Mr. Mercedes», une adaptation glaçante et maîtrisée

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Ph. Audience Network

Stephen King est une source d’inspiration inépuisable pour le cinéma et la télévision. «Mr. Mercedes», premier tome (paru en 2015) d’une trilogie du maître de l’horreur, a été adapté en série. Et le résultat est plutôt réussi. La première saison débute ce vendredi 7 septembre sur Be Séries.

On ne compte plus les adaptations de Stephen King sur le grand et le petit écran. Si certaines sont restées dans les annales, d’autres auraient peut-être mieux fait de rester à l’état d’idée.

Qu’en est-il de ce premier tome basé sur le personnage de Bill Hodges, policier à la retraite? Après le visionnage des deux premiers épisodes, notre avis est plutôt positif.

Cette première saison, composée de dix épisodes, est centrée sur l’ex-lieutenant Bill Hodges, interprété par l’Irlandais Brendan Gleeson («Harry Potter», «Braveheart»). Nous sommes à Brighton, dans l’Ohio, en 2009. L’ancien policier vit très mal sa récente mise à la retraite et a sombré dans l’alcool. Toujours hanté par une affaire sordide non résolue, dans laquelle un chauffard au volant d’une Mercedes avait foncé sur une foule deux ans plus tôt, Bill Hodges va recevoir d’étranges messages. L’auteur de la tuerie le contacte par mail… Persuadé que la police ne rouvrira pas le dossier, Bill se tait. Il va lui-même se charger de faire la lumière sur cette affaire une bonne fois pour toutes.

Face à Brendan Gleeson, on retrouve l’acteur britannique Harry Treadaway, interprète de Victor Frankenstein dans la série «Penny Dreadful».

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Dans l’esprit des protagonistes

L’attrait de la série repose surtout sur l’antagonisme entre les deux personnages principaux, très complexes et profonds, interprétés par des acteurs talentueux. On découvre d’abord leur psychologie avant de progressivement y plonger plus profondément et puis entrer dans l’intrigue. C’est pourquoi le rythme de la série est si lent au départ. Les lieux, filmés d’une manière très intime, donnent par contre tout de suite le ton. L’ombre de Stephen King plane… Le suspense et l’ambiance glaciale vont monter crescendo, au fur et à mesure de ce jeu du chat et de la souris entre l’ancien policier et l’assassin.

Le créateur de la série, le scénariste très prolifique David E. Kelley, maîtrise son adaptation en restant fidèle aux principes de Stephen King: montrer l’horreur à travers ce que l’être humain a de pire en lui plutôt que des tonnes d’hémoglobine.

«Mr Mercedes» est aussi une critique à peine voilée de l’Amérique moderne, une Amérique qui laisse de côté ceux qui ne rentrent pas dans le moule, à l’image des personnages marginaux imaginés par l’auteur.