Itinéraire d’une pomme bio

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Ph. D.R.

Le bio, ce n’est pas qu’un mode de culture écologique et sain. C’est aussi la méthode de production alimentaire la plus contrôlée au monde! Ce contrôle repose notamment sur un grand principe: la traçabilité. En clair, à tout endroit de la filière, la conformité d’un produit bio est obligatoirement vérifiée et peut être retracée. Démonstration avec une pomme bio.

Chez un producteur de pommes

Ancien ingénieur commercial, puis informaticien, Marc Ballat est devenu producteur de pommes bio en 2008 par conviction et par envie de nourrir les gens. «Et de les nourrir bien» précise-t-il. Dans son verger de huit hectares, cultivé de manière biologique depuis les années 90, il fait pousser de nombreuses variétés de pommes toutes plus savoureuses les unes que les autres, ainsi que quelques variétés de poires: Elstar, Jonagold, Jonagored, Pirouette, Flamboyante, Wellant, Pilot, Suntan, Cox orange. Une partie de sa production est également transformée en sirop de poire et en jus.

Contrôle et tracabilité

Chez Marc Ballat, deux activités font l’objet d’un contrôle: la production et la commercialisation. «Cela implique au moins un contrôle annuel pour chaque aspect de mon activité et des contrôles inopinés», précise Marc Ballat. «Pour la commercialisation, on me demande par exemple de justifier les quantités de pommes que j’ai vendues à mes clients. Je dois avoir des bordereaux de livraison en ordre. Au niveau de la production, cela inclut une visite du contrôleur au verger, avec un examen visuel et des analyses en laboratoire sur des échantillons de sol et de fruits. Certains contrôleurs sont même capables de reconnaître les pesticides de synthèse rien qu’à l’odeur!». Toutes les factures d’achat de notre producteur sont d’autre part scrutées avec attention: «Mon facturier d’entrée est contrôlé pour vérifier que je n’ai pas acheté de produit non autorisé en bio, ainsi que mon stock de produits phytosanitaires. Si j’utilise un produit qui est interdit, je suis sanctionné. En pratique, ça veut dire que mes pommes sont déclassées et que je ne peux plus les vendre comme étant bio. Ce qui est un gros manque à gagner!». De l’avis de notre producteur, le contrôle peut s’avérer très minutieux: «Il faut par exemple que le stock de bouillie bordelaise que j’ai acheté en début de saison corresponde à ce que j’ai utilisé et ce qui me reste en fin de saison».

Dans les rayons du magasin

Chez Al Binète, n’entrent que les producteurs, de pommes ou autres, certifiés bio qui peuvent présenter le certificat qui prouve que leur production est bien produite selon les règles de l’agriculture biologique. «Chaque producteur doit avoir été contrôlé», explique Paul Mathieu, l’un des responsables d’Al Binète. «En plus de cela, nous avons aussi, et notamment au niveau des fruits, des contrôles destinés à voir si les produits que nous vendons sont bien bio eux aussi. Ces contrôles se font sur rendez-vous mais aussi de manière totalement inopinée. C’est fréquent. Que ces contrôles soient menés par des organismes de contrôle bio ou le Ministère des affaires économiques. Nous sommes d’ailleurs demandeurs, car pour le consommateur, c’est une garantie que les choses sont faites de manière sérieuse. On ne fait pas du bio n’importe comment, et notamment aucun pesticide de synthèse ne peut être utilisé. Et ça, les contrôles et les analyses restent les meilleurs moyens de le prouver. En plus de la différence de goût aussi, bien sûr!».

Le plus Biogarantie

Outre les contrôles habituels en bio, Al Binète a également choisi d’adhérer au cahier des charges Biogarantie. Non obligatoire, ce dernier label garantit le respect de critères plus stricts encore, et vérifie notamment l’application de prix équitables, la conservation des ressources (eau, énergie, biodiversité), la minimisation du transport, des emballages et des déchets.