Le chemin des écoliers est trop pollué

Belga / Nicolas Lambert

Ce n’est un secret pour personne, la pollution de l’air affecte notre santé, et elle est d’autant plus dangereuse lorsqu’elle s’attaque aux poumons de nos enfants. Alors que sonne bientôt la rentrée des classes, Test-Achats a voulu attirer l’attention sur la qualité médiocre de l’air que respirent les écoliers sur le chemin de leur classe.

Les enfants sont des éponges à pollution. Leur croissance n’étant pas terminée, les poumons sont toujours en cours de développement. Par rapport à un adulte, ils respirent plus d’air proportionnellement à leur poids, et donc plus de polluants.

Et sur le chemin de l’école, c’est à un véritable cocktail explosif qu’ils sont exposés. De l’oxygène certes, mais aussi du soufre, de l’ozone, du dioxyde de carbone et des particules fines. Dans ces dernières, on trouve en outre des composés chimiques tels que des nitrates, des sulfates, de l’ammoniaque, du carbone, etc., qui sont d’autant plus dangereux qu’ils pénètrent en profondeur dans l’organisme.

Pour s’en convaincre, l’association Test-Achats a donc demandé à trois familles, issues de Champion, Gand et Bruxelles, de mesurer via un petit appareil portatif la qualité de l’air. Et le résultat n’est pas glorieux.

Le test des familles

La famille namuroise a ainsi constaté la présence de bon nombre de particules fines aux abords de l’école malgré la verdure environnante. Le taux était d’ailleurs plus élevé à 8h20 qu’à 7h55 à cause du rush de dernière minute des parents. Il faut dire que ces derniers s’arrêtent souvent devant la porte en laissant leur moteur allumé. L’idéal, selon cette famille, serait une meilleure rotation vélo/auto, une meilleure sensibilisation des parents à cette problématique voire une interdiction du stationnement devant l’école.

La famille gantoise effectue, elle, les 3 km à vélo le long d’un axe d’entrée à la ville. Ils ont dès lors constaté une grande émission de particules fines générées par les moteurs diesel ou à essence mais aussi par les systèmes de freinage. Et ce, sans parler des gaz d’échappement qui stagnent avec les embouteillages. Leur conclusion: à vélo, évitez les grands axes et choisissez la route la plus propre à défaut d’être la plus courte. L’idéal serait donc d’améliorer les réseaux des pistes cyclables, mais aussi de vérifier au respect de la zone 30 aux abords des écoles. Peut-être faudrait-il d’ailleurs penser à une zone 20, voire créer des zones de basses émissions dans laquelle une voiture ne peut pénétrer qu’à certaines conditions.

Quant à la famille bruxelloise, elle devait récupérer son véhicule dans un parking souterrain et puis effectuer les 800 m qui séparent l’école et ma crèche de la maison. Le constat était évident: c’est bien évidemment dans le parking que le pic de pollution était le plus élevé. La solution serait donc d’y placer un système de ventilation adapté.

De dangereuses particules

Test-Achats l’avoue, on n’est pas ici face à des conclusions scientifiques, l’échantillon n’étant pas représentatif. Néanmoins il permet de comprendre que la quasi-totalité des chemins d’écoliers est gorgée de particules fines. Le principal responsable est évident: le trafic routier, pour plus de la moitié. Le reste provenant des industries, de l’agriculture, de la production d’énergie, du chauffage, etc. Même à faible dose, la pollution aux particules fines s’attaque à notre santé, et a fortiori à celle des enfants, et provoque à terme un raccourcissement de l’espérance de vie.

Pour lutter contre ce fléau, l’UE a déjà fixé des valeurs maximales de pollution que les États membres doivent faire respecter. Mais ces niveaux sont encore bien trop élevés pour que cela ait une vraie incidence sur la santé. D’autant que ces valeurs sont très souvent dépassées dans une grande partie du pays.

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