La peur du téléphone, une phobie moderne

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Vous n’avez peut-être jamais entendu parler de la «téléphonophobie». Pourtant, la peur du téléphone a tendance à se répandre et peut vite devenir handicapante, tant au niveau privé que professionnel.

Cette phobie peut paraître étrange à l’heure où tout le monde possède un smartphone. Mais c’est justement les nouvelles applications qui pullulent sur ces appareils qui participent à la peur de répondre à un appel. SMS, WhatsApp, Messenger: les services de messageries instantanées ont rendu le traditionnel appel téléphonique obsolète. Les jeunes (nés à partir du milieu des années 80) seraient davantage touchés que les plus âgés car plus exposés à d’autres formats de communications que la simple «voix».

L’appel téléphonique n’a donc plus la cote. Après l’avènement d’internet, il est devenu de plus en plus impopulaire. On ne sait pas combien de temps il peut durer et il est souvent vécu comme une intrusion car il interrompt l’activité en cours.

« Sueurs froides »

Peu d’études et donc peu de chiffres sont disponibles sur le sujet, mais il semblerait que la «téléphonophobie» soit plus répandue qu’on ne le pense. Au début du mois d’août, France Info a lancé une enquête afin de recueillir les témoignages de personnes souffrant de cette pathologie. Un répondant explique avoir un «malaise physique» lorsque la sonnerie de son téléphone retentit. Un autre explique qu’il n’ose pas appeler pour annuler un rendez-vous et pose donc des lapins. Une autre encore confie avoir des «sueurs froides» quand elle doit répondre à son employeur et bafouille au téléphone. Et ne parlons pas des appels masqués qui traumatisent carrément les personnes souffrant de cette phobie!

Les conséquences peuvent être sérieuses, comme la perte d’amis lassés de ne jamais vous avoir au téléphone ou encore la perte d’un emploi qui requiert ce type de capacités.

Un manque d’estime de soi

Comment peut-on expliquer cette peur viscérale de décrocher? Cela peut résulter de la crainte de subir une remontrance ou de la peur «irrationnelle» d’une «mauvaise nouvelle», explique la psychologue Maria Hejnar à France Info. «Je me dis toujours que j’ai fait quelque chose de mal et que je vais me faire engueuler», explique Sophie à France Info. Mais cela peut aller plus loin, comme la peur de l’annonce de la mort d’un proche par exemple.

Quant à la crainte de passer un coup de fil, cela peut venir d’un traumatisme passé ou d’un manque d’estime de soi. Parler au téléphone demande d’être spontané et de parfois combler le silence qui peut s’installer. Ce qui peut vite devenir gênant pour certaines personnes timides ou qui craignent d’être jugées.

Faire face

La phobie du téléphone est-elle pour autant irrémédiable ? Non ! Comme pour toutes les phobies, il faut lui faire face. Éviter de téléphoner ou de décrocher ne fera qu’aggraver le problème, explique Maria Hejnar. La solution est de se forcer de temps en temps à passer un appel. Et très progressivement, le faire de plus en plus souvent. Vous pouvez également pratiquer des exercices de relaxation et demander l’aide d’un spécialiste.