Les épisodes pilotes garantissent-ils le succès d’une série ?

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Ph. Netflix France

Passage obligé pour les nouvelles séries, les épisodes pilotes, qui servent de test pour un lancement sur les chaînes de télévision américaines, ne garantissent pas forcément la qualité d’une oeuvre.

Un constat qui s’impose par contraste, en constatant l’accueil phénoménal réservé à des séries proposées en saison complète sur les nouvelles plateformes de streaming comme Netflix et Amazon Prime Video.

Les épisodes pilotes ne sont plus le moyen le plus sûr de juger du succès d’une série, selon une étude établie par Ampere Analysis, une société spécialisée dans le secteur audiovisuel. Ex-passage obligé des chaînes américaines, les épisodes « pilotes » servent de test pour proposer de nouvelles séries aux dirigeants des networks, qui décident alors de se lancer ou non.

Des méthodes différentes pour un même résultat ?

En analysant les cinq plus grandes chaînes de télévision américaines, ABC, CBS, The CW, Fox et NBC, on constate que le nombre d’épisodes pilotes a chuté de 106 en 2015 à 73 en 2017 soit une baisse de 33%. Selon l’étude réalisée par Ampere, les épisodes pilotes ne sont plus considérés comme une source sûre pour mesurer les réactions du public à propos d’une nouvelle série.

En moyenne, 43% des épisodes pilotes amènent à la production de la série. Cet ancien processus a été mis à mal par les nouvelles plateformes de streaming telles que Netflix et Amazon Prime Video, qui ont opté pour la diffusion d’une saison entière, comme avec « Orange is the New Black » sur Netflix, en 2013. Pourtant, 39% de leurs séries n’ont pas eu de seconde saison, preuve que les plateformes ne devinent pas forcément mieux ce qui suscitera l’engouement du public.

La science-fiction plus forte que la comédie

En analysant les différents genres de séries, l’étude démontre que la science-fiction et le fantastique ont plus de chances de décrocher une commande de la série grâce à leur épisode pilote, contrairement aux comédies : sur 37 épisodes pilotes entre 2015 et 2018, 67% ont reçu un feu vert pour lancer la production, un taux plus important que pour les séries dramatiques, criminelles et comiques.

En dépit de ce fort taux de validation, la science-fiction et le fantastique restent minoritaires dans les commandes des chaînes de télévision américaines alors que les propositons de nouvelles séries dramatiques et comiques ne font qu’augmenter.

L’étude conclut que si les épisodes pilotes sont loin d’être une garantie et présentent un coût inutile si la série n’est pas choisie, ils peuvent néanmoins être un indicateur intéressant du succès d’une série sur le long terme.