Pour Alyssa Milano, la série « Insatiable » va susciter la discussion

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AFP PHOTO / Kyle Grillot

Alyssa Milano s’est exprimée sur la controverse grossophobe suscitée par la série « Insatiable« . L’actrice et activiste qualifie la nouvelle série de Netflix, mise en ligne vendredi, de «déclencheur de discussion».

Lorsque la première bande annonce d’Insatiable, la nouvelle série de Netflix, est sortie à la mi-juillet, les critiques ont accusé la comédie noire créée par la scénariste de « Dexter », Lauren Gussis, de grossophobie. Patty (Debby Ryan) y subit un harcèlement constant à cause de son poids, puis se venge de ses tourmenteurs après une importante perte de poids.

Plus de 200.000 personnes ont signé une pétition Change.org demandant d’annuler le programme, et un nombre incalculable d’autres personnes l’ont décrié sur les médias sociaux. Simultanément, Debby Ryan et Alyssa Milano, qui joue le rôle de Coralee -bien décidée à se faire une place au soleil dans la société-, n’ont cessé de défendre « Insatiable » sur le Net et dans la presse.

Une semaine après le clash, Metro s’est entretenu avec Alyssa Milano à propos du tollé dans les médias sociaux et, après quelques jours supplémentaires de réflexion, lui a demandé si elle avait changé d’avis.

« Ne pas juger au premier regard »

«Ma réaction initiale a été que je n’avais jamais voulu blesser qui que ce soit. Et si la bande-annonce avait fait du mal à certaines personnes, c’était très dur à encaisser pour moi», explique Alyssa Milano. «Mais plus j’y pensais et plus je me rendais compte de ce qui se passait, plus je réalisais que ma réaction était un bon indicateur de la douleur que la honte nous inflige. On en est là dans la société. Surtout aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, où il est très facile de provoquer un tollé à quelque titre que ce soit.»

Alyssa Milano explique qu’elle comprend les accusations suscitées par la bande-annonce, mais elle insiste sur le fait qu’elle ne résume pas ou ne caractérise pas toute la série.

«Cette série montre qu’il ne faut pas juger quelqu’un ou quelque chose au premier regard, et pourtant ici les gens ont jugé au premier regard 1 minute et 40 secondes extraites de 12 heures de programme», dit-elle. «La série traite de la façon dont les apparences influencent les interactions que nous avons les uns avec les autres, ce qui n’est certes pas un sujet nouveau, vu que des étiquettes comme celles-ci ont été apposées sur nous depuis la nuit des temps. Mais critiquer une chose en raison de son aspect extérieur est exactement ce que cette série essaie de mettre en lumière.»

« Sensibilisation et discussion »

«L’essence de l’art est d’être un déclencheur de discussion», poursuit Alyssa Milano, «et je pense que cette série va continuer à susciter la discussion. Elle met le doigt sur le fait qu’on s’est tous déjà sentis pas suffisants à certains moments de nos vies. Chaque personnage de cette série se sent insuffisant à un moment ou un autre au cours des 12 épisodes, à cause de sujets qui font mal. Quand nous regardons quelque chose, nous y apportons notre propre expérience, ce qui peut être encore plus douloureux ou traumatisant.»

En conclusion, l’actrice et activiste de 45 ans suggère qu’il vaut mieux parler de questions comme la grossophobie ouvertement et pas à couvert. «Nous devons être capables de les affronter de face», dit-elle, «et quelle meilleure façon de le faire que par le biais de l’art? Quelle meilleure façon de démarrer une discussion que via un programme télévisé? Pour moi, sensibilisation et discussion ouverte sont vraiment la seule façon de chasser la honte.»

Lors de la conférence de presse estivale 2018 de la Television Critics Association qui s’est tenue il y a peu, la vice-présidente programmation originale de Netflix, Cindy Holland, a pris la défense de la série en disant que Lauren Gussis «a eu très à cœur d’explorer ces thèmes basés sur sa propre expérience, mais de façon satirique, très exagérée». Néanmoins, alors que «le message de la série est que ce qui est le plus important, c’est que vous vous sentiez plus à l’aise», Cindy Holland a reconnu que «la grossophobie est dans l’ADN de la série».