Ryanair : Les pilotes se croisent les bras et organisent un sit-in

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BELGA / HERWIG VERGULT

Une grève des pilotes de la compagnie aérienne à bas coûts touche plusieurs pays européens vendredi, dont la Belgique. En Belgique, 82 vols ont été supprimés à l’aéroport de Charleroi et 26 à Brussels Airport, touchant 14.000 passagers. Ces derniers se sont vus offrir un vol alternatif ou un remboursement.

Les pilotes exigent de meilleures conditions de travail et l’application du droit du travail du pays dans lequel ils opèrent.

En Belgique, 82 vols ont été supprimés à l’aéroport de Charleroi et 26 à Brussels Airport, touchant 14.000 passagers. Ces derniers se sont vus offrir un vol alternatif ou un remboursement.

En Belgique, Allemagne, Irlande, aux Pays-Bas et en Suède

Il ne s’agit pas de la première grève qui touche Ryanair cet été qui aura été tendu d’un point de vue social. Plusieurs pays et catégories de personnel se sont en effet déjà croisés les bras. Fin juillet, le personnel de cabine belge avait ainsi mené une grève pendant deux jours, touchant 23.000 passagers.

C’est cette fois au tour des pilotes d’arrêter le travail en Belgique, en Allemagne, en Irlande, aux Pays-Bas et en Suède. Le personnel de cabine n’a pas été invité à se joindre à l’action, les syndicats estimant qu’il s’est déjà suffisamment exposé avec la grève des 25 et 26 juillet. Il leur est toutefois demandé d’apporter leur soutien lors du sit-in organisé à l’aéroport de Charleroi ce vendredi.

Aucun signal de la direction

Aucun signal n’est encore parvenu de la direction pour répondre aux demandes du personnel. Bien au contraire, elle a même tenté d’étouffer la grève dans l’oeuf aux Pays-Bas en intentant une action en référé, en vain. Si aucune concession n’est opérée, de futures actions ne sont pas à exclure.

Une trentaine de pilotes Ryanair ont organisé à l’aéroport de Charleroi (BSCA) un sit-in pour dénoncer l’attitude de la direction de la compagnie et son refus d’instaurer un dialogue social. D’autres pilotes et des membres du personnel de cabine sont attendus dans la matinée pour participer à l’action qui coïncide avec une nouvelle journée de grève organisée au sein du personnel de la compagnie irlandaise.

«Nous ne demandons pas d’augmentation salariale, mais l’application des législations nationales dans chaque pays où Ryanair opère, a indiqué un des pilotes présents. C’est une demande légitime.»

Ancienneté et indemnité de chômage

Pour le personnel basé à Charleroi, cette référence à la législation belge signifierait notamment la prise en compte de l’ancienneté et la possibilité d’indemnité de chômage. «Aujourd’hui, on n’y a pas droit comme on dépend de la sécurité sociale irlandaise», a expliqué un pilote. Selon lui, la compagnie est opposée à ce genre de concessions et s’en vante même auprès de ses investisseurs.

L’organisation d’un sit-in, le premier du genre pour le personnel de la compagnie basé à Charleroi, marque une évolution, selon Yves Lambot, permanent CNE. «Le tournant dans notre mobilisation? Je crois que ce sont les problèmes de planning que Ryanair nous a amputés à l’automne dernier. On veut véritablement que les choses changent avec l’instauration d’un véritable dialogue social», a indiqué un pilote.