Découvertes MiNT : petites musiques de l’été 2018 (S01E05)

Ph. D.R.

Mille sentiers nous parcouraient, les cohortes d’ennui filaient, on le savait, elles reviendraient : les premières pluies de ce torride été n’ont pas duré. Juste laissé deux gouttes de poésie à notre portée : Pierre-Loup Havenith et Dominique A.

Pierre-Loup Havenith – Baby on Morphine

Ph. D.R.

Facebook : @plhavenith

Je le rencontre ce dernier dimanche de juillet à l’orée du parc Solvay à Bruxelles. Le vent se lève et c’est assis sur un banc qu’il me raconte son histoire : « C’est beau ici, c’est très Bruxelles. » Pierre-Loup est né en Belgique, dans le Sud de Bruxelles. Puis ses parents ont voyagé, dans le Brabant d’abord, au fond de l’Hexagone ensuite, pour se poser à Paris plus récemment, dont il a un vaguement capté l’accent, mais la diction est impeccable. Il lit, en anglais. Son anglais est riche de beaux accents toniques.

C’est un grand garçon (1m95) poli et délicat. Peut-être un peu naïf encore, il pèse chaque mot et me demande de ne me concentrer que sur sa seule obsession, la musique : « J’aurais pu amener ma guitare, en fait. Cela m’a étonné qu’on s’intéresse à ma musique. D’un côté, c’est réconfortant, car c’est pour cela qu’on chante. Mais tout ce que je fais est encore tellement artisanal. » Et si c’était ça, les racines du talent ?

C’est un e-mail favorable qui me souffle l’existence de son premier EP, A Perfect Life, fin janvier, alors qu’on ne trouve à peu près rien sur lui en dehors de sa page Facebook et de son compte Bandcamp, où il distribue (gratuitement) sa musique. Même sur Apple Music, Tidal et les autres, il s’est rendu inaccessible par accident : « Oui, je sais, c’est con, il faut taper P.L. Havenith. Il faut que je me trouve un nom. » Et puis le faire, exact.

« Je fais tout en circuit court »

Un garçon bientôt adulte, une guitare : la musique de Pierre-Loup Havenith est mélancolique et faussement légère ; elle est même plutôt grave. Comme sa voix. Ses rêves ? « Quelque chose de moins solitaire. Un groupe. Radiohead, pour donner un univers. » Ce n’est peut-être pas un hasard s’il cherche actuellement un producteur pour se pencher sur sa musique : « Je fais tout, clip compris, en circuit court. Dans mon coin. Je suis ouvert aux avis, aux critiques. Un producteur, un guide. »

Pierre-Loup aime le voyage : il a parcouru l’Inde cette année (sabbatique, de transition), où il s’est senti étranger : « Et ce qui est marrant, c’est que j’ai rencontré un Français qui m’a aidé à réaliser le clip de mon dernier single. Et puis j’ai beaucoup parlé anglais, j’adore ça. Je m’y exprime autrement, mieux. »  Il m’interroge sur mon expatriation à moi, en Californie. Et on parle de musique folk, forcément.

Il étudiera dès septembre à Glasgow, car rien n’est jamais le fait du hasard : Texas, Franz Ferdinand, Simple Minds, AC/DC, Travis, tant d’autres. En attendant, son dernier single, Baby on Morphine, posté au petit bonheur la chance, raconte toutes les amours de vacances, des plus futiles aux plus graves. On le tiendra à l’œil, c’est sûr, à Glasgow ou ailleurs.

Dominique A – La Poésie

Ph Lara Herbinia

Instagram : @DominiqueAofficiel

Facebook : @DominiqueAofficiel

À part cela ? Des kilomètres de vie en rose et noir dans le futur nouvel album de Dominique A, dont on a appris qu’il ferait un arrêt au Botanique à Bruxelles le 25 janvier 2019. « La Fragilité », qu’on attend chez PIAS le 8 octobre, a déjà donné un splendide premier single estival, La Poésie. Toute Latitude, première partie du dyptique de 2018, n’avait pas forcément convaincu, même les fans de grand chemin. Le prochain album est promis plus intime, plus posé. On a déjà hâte de voir arriver l’automne.

Cet été, découvrez les groupes du terroir à suivre tout au long de la semaine et une découverte musicale à 11h30 du lundi au vendredi sur MiNT.be.