Le festival Esperanzah ! se penche sur l’empire du mâle

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Ph. C. Goret

Le festival Esperanzah ! a su trouver sa place dans les festivals de l’été, en proposant un subtil mélange entre fête et engagement.

De la musique pour danser

Du côté des têtes d’affiche, il y en aura pour tous les goûts. Pour lancer la fête, on pourra compter sur Gaël Faye, Jain, ou encore Roméo Elvis et le Motel. Le samedi, les sons balkaniques de Goran Bregovic prendront le relai, avant de s’effacer pour le reggae du Français Bernard Lavilliers. Enfin, le dimanche, Grand Corps Malade et Gogol Bordello viendront clore ces trois jours de fête.

Du côté des artistes «un peu moins connus», on retiendra l’électro d’Acid Arab, ou encore la musique gypsie du Barcelona Gypsy Balkan Orchestra le vendredi soir. Le samedi soir le rappeur Medine viendra proposer sa musique faite «non pour qu’on l’écoute, mais pour qu’on la réécoute». Par ses textes plein de sens, il souhaite faire réfléchir son public et contribuer à l’éducation de la jeunesse. Un artiste qui colle ainsi bien aux objectifs que s’est fixés Esperanzah !.

Des associations pour changer le monde

Esperanzah ! est aussi un lieu pour faire et refaire le monde. Cette année, les organisateurs ont choisi pour thème «Le déclin de l’empire du mâle», en écho à la remise en cause d’années de sexisme et de domination patriarcale. Le sexisme, et de nombreuses autres questions de société, seront discutés au Village des possibles, le village associatif qui accueille les festivaliers dans le bas de l’abbaye.

Du cinéma pour réfléchir

Chaque année, le festival propose une dizaine de films, projetés dans l’après-midi. Ils sont, eux aussi, l’occasion d’aborder divers thèmes de société, allant du racisme à la pauvreté, en passant par la question du regard sur le corps ou l’homoparentalité. Cette année, au programme, on retiendra notamment les projections de «Le sociologue et l’ourson», «Je n’aime plus la mer», et enfin «Ouvrir la voix».

Belga

Consommer local pour agir

Esperanzah ! se soucie depuis ses débuts de sa place dans la société. Le festival est pensé pour être le plus durable possible, de la gestion des déchets à l’assiette des festivaliers. Coté nourriture, notamment, l’offre alimentaire privilégie les circuits courts et les produits locaux. Et côté boisson, les bars servent de la Silly Pils, une bière wallone, et bien évidemment, de la Floreffe.

 

Le plan Sacha

Dans le cadre de sa campagne «Le déclin de l’empire du mâle», Esperanzah! se penche sur la question du harcèlement sexuel en festival. Les fêtards sont appelés à devenir des «SACHA» Kesako? Un nouveau concept. Là où le BOB ne boit pas en soirée, le ou la SACHA veille face au harcèlement et aux agressions sexuelles. «Esperanzah! est un festival très féminin tant au niveau du public que des travailleurs (56%). Le nombre de cas d’agression ou de harcèlement liés au genre sur le festival recensé ces dernières années est faible. Toutefois, nous pensons que la plupart des cas, comme partout, ne remontent pas toujours à nos oreilles», explique l’équipe organisatrice.

«Le plan SACHA», Safe Attitude Contre le Harcèlement et les Agressions en festival, prévoit une sensibilisation au problème, notamment avec une mini-formation de 15 minutes pour les volontaires. Des bénévoles ont également été formés pour répondre aux mieux aux situations problématiques. Enfin, une procédure particulière a été mise en place pour traiter d’éventuels problèmes.

 

Pratique :

A Floreffe, du 3 au 5 août. www.esperanzah.be