La Havane fête ses 500 ans, entre vintage et rafistolage

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La Havane, qui fête ses 500 ans en 2019, est comme les vieilles voitures américaines qui sillonnent ses rues: un modèle hors d’âge aux lignes « vintage », mais rafistolé avec des pièces inventées à Cuba.

Marcher dans les rues de cette ville d’un peu plus de deux millions d’habitants, c’est voyager dans le temps. Sur le mythique Malecon, la promenade qui longe la mer sur la côte de La Havane, les façades des bâtiments colorés sont rongées par l’air marin. De là, on peut voir le soleil prendre ses tons orangés en fin de journée avant de plonger dans la mer des Caraïbes.

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« La Havane est comme figée dans le temps. La révolution s’est occupée du pays », explique  Eusebio Leal, l’historien officiel de la capitale, chargé de sa restauration. Mais « cela a eu un coût, on ne peut pas le nier. Quand on parcourt La Havane, on voit une ville très abîmée et recouverte par un voile de décadence ». Selon les chiffres officiels, 39% des habitations sont endommagées.

Mais « La Havane ne se résume pas à une ruine romantique, ni à ses vieilles voitures américaines, ses fêtes et ses palmiers. C’est une ville pleine de culture », relativise l’historien. Parmi les bâtiments qui sortent du lot, le Grand théâtre de La Havane, -siège du Ballet national de la danseuse étoile Alicia Alonso, 97 ans aujourd’hui-, au style néobaroque, et le Capitole, à l’imposante coupole dont la restauration doit être finalisée en 2019.

Rien ne se perd, tout se répare

Ses rues, pourtant mal entretenues et sombres, sont réputées bien plus sûres que celles des autres grandes agglomérations d’Amérique latine. En 2017, 4,5 millions de touristes ont visité l’île. L’ouverture progressive de l’économie cubaine ces dernières années a attiré les boutiques de luxe, les restaurants et les hôtels dans de vieux bâtiments restaurés, à proximité des immeubles coloniaux vétustes.

Début juillet, Cuba a de nouveau autorisé l’accès à l’entreprenariat privé (hébergements, restaurants, entre autres) après une pause de près d’un an. Ce secteur emploie 13% de la population active sur l’île communiste. Pour l’historien, le défi des prochaines générations sera de faire de La Havane une ville qui « respectera sa beauté », sans pour autant limiter sa capacité à « se moderniser dans un nouveau contexte économique et social ».