Les importations d’uranium, nouvelle cible de l’administration Trump

76

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi avoir lancé une enquête visant à déterminer si les importations d’uranium menacent la sécurité du pays, une procédure pouvant ouvrir la voie à de nouvelles taxes douanières. Le secrétaire au Commerce américain, Wilbur Ross, a précisé dans un communiqué que cette investigation portait sur tout le secteur, depuis l’extraction de l’uranium jusqu’à son enrichissement, en passant par son utilisation par l’industrie de la défense.
« Notre production d’uranium, un métal nécessaire à l’armée et à la génération d’électricité, ne représente plus que 5% de notre consommation contre 49% (en 1987) », a justifié M. Ross en assurant vouloir mener une enquête « approfondie, juste et transparente ».
Washington a déjà utilisé l’argument de la sécurité nationale pour justifier les taxes douanières supplémentaires imposées aux importations d’aluminium et d’acier, une décision qui a déclenché toute une série de représailles de la part des principaux partenaires des Etats-Unis, dont le Canada, l’Union européenne et la Chine.
Toujours au nom de la sécurité nationale, le département du Commerce a aussi lancé en mai une enquête sur les automobiles et pièces détachées importées chaque année dans le pays.
Selon l’administration, les Etats-Unis ont importé en 2017 pour 1,4 milliard de dollars d’uranium enrichi, ainsi que 470 millions de dollars de minerai d’uranium et 1,8 milliard de dollars de composés et alliages d’uranium.
Le Canada et le Kazakhstan fournissent environ la moitié de l’uranium importé utilisé dans les centrales nucléaires. Les autres sources majeures d’approvisionnement sont l’Australie, la Russie et l’Ouzbékistan.
L’enquête lancée par le département du Commerce fait suite à deux plaintes déposées en janvier auprès de ses services par les entreprises américaines Ur-Energy et Energy Fuels.
Selon le département de l’Energie, le secteur a été touché par la chute des prix de l’uranium entre 2009 et 2015 et les emplois liés à cette industrie ont diminué de 60% pour ne plus représenter que 600 postes.
Les centrales nucléaires produisent environ 20% de l’électricité du pays, utilisée pour éclairer les foyers mais aussi pour faire fonctionner les sous-marins et les porte-avions de l’armée américaine.

Source: Belga