Nelson Mandela, «icône mondiale de la réconciliation», aurait eu 100 ans aujourd’hui

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AFP / T. Samson

L’Afrique du Sud célèbre cette semaine le centième anniversaire de la naissance de son héros Nelson Mandela, activiste et homme politique sud-africain de premier plan dans la résistance contre l’apartheid.

Cinq ans après sa mort, «Madiba» a gardé son statut d’icône mondiale pour son combat contre le régime raciste blanc et son message de réconciliation. De son vivant déjà, le prix Nobel de la paix 1993 était vénéré bien au-delà des frontières de l’Afrique. Pour avoir arraché son pays au régime raciste de l’apartheid, et renoncé à toute vengeance contre la minorité blanche, qui l’avait emprisonné durant vingt-sept longues années. Ni brisé ni amer, il avait commencé au début des années 1990 à construire une Afrique du Sud nouvelle, une «Nation arc-en-ciel», qu’il voulait exemplaire.

Qualifié un jour d’ »icône mondiale de la réconciliation » par Desmond Tutu, l’une des hautes figures de la lutte anti-apartheid, celui que ses compatriotes appelaient Madiba incarnait des valeurs d’autant plus universelles qu’il n’a jamais prôné ni religion ni idéologie. Juste un humanisme à l’africaine, profondément nourri de la culture de son peuple, les Xhosas.

« Celui par qui les problèmes arrivent »

Né le 18 juillet 1918 dans le petit village de Mvezo, dans le Transkei au sein du clan royal des Thembus, de l’ethnie xhosa, le futur leader de la rébellion noire est prénommé par son père Rolihlahla: «Celui par qui les problèmes arrivent». C’est son institutrice, conformément à la pratique de l’époque, qui lui attribue arbitrairement le prénom de Nelson, à son entrée à l’école primaire.

Mandela débarque à 22 ans à Johannesburg et y prend la pleine mesure de la ségrégation raciale qui segmente sa société. Avec Walter Sisulu, Oliver Tambo et d’autres jeunes loups, il prend rapidement les rênes de l’ANC, pour porter la lutte contre le régime blanc, qui a «inventé» en 1948 le concept d’apartheid, le «développement séparé des races». Après le semi-échec de campagnes de mobilisation non violentes, inspirées des méthodes du Mahatma Gandhi, l’ANC est interdit en 1960. Mandela, arrêté à plusieurs reprises, passe à la clandestinité, et décide d’engager le mouvement sur la voie de la lutte armée.

Capturé, il est emprisonné en 1962. Et bientôt envoyé au bagne terrible de Robben Island, au large du Cap où il restera 27 ans. En 1990, il est libéré. Il négocie alors pied à pied avec le régime à bout de souffle l’organisation d’élections enfin universelles et démocratiques.