Finale – La France va-t-elle briser un troisième « petit », après l’Uruguay et la Belgique

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Finale - La France va-t-elle briser un troisième

L’Uruguay, lauréate sur son sol de la première Coupe du monde en 1930 (4-2 contre l’Argentine en finale), puis de la quatrième en 1950 au Brésil, où son inattendu succès contre le pays organisateur (2-1) avait provoqué des scènes de désespoir, et même des suicides, est l’unique et dernier pays de moins de quarante millions d’habitants à figurer au palmarès de la prestigieuse épreuve… La France, et surtout, selon certains, la malencontreuse blessure de son buteur Edinson Cavani, a arrêté en quart de finale, 2-0, la marche de la Céleste vers sa troisième étoile.

Un autre « petit », la Belgique, est également passée sous le rouleau compresseur efficace, mais sans grande imagination, de la République aux soixante-sept millions d’habitants, dont une génération de footballeurs extrêmement doués.

Reste la Croatie, un peu plus de quatre millions d’âmes, et un territoire plus petit que celui de la Belgique, si on en déduit la superficie en eau, mais pour la première fois finaliste, dimanche (17 heures) au Stade Loujniki de Moscou.

Avec son entraîneur Zlatko Dalic, 51 ans, encore pratiquement inconnu il y a un mois, elle rêve en effet de se montrer digne des pionniers de 1998, dont l’actuel président de la fédération Davor Suker, troisièmes.

Eliminés en demis par la France du capitaine Didier Deschamps, de Zinédine Zidane et de… Lilian Thuram, l’auteur des deux buts, 1-2, après avoir mené 1-0 (Suker) à Saint-Denis, ils avaient ensuite battu les Pays-Bas 2-1 (Robert Prosinecki et… Suker) au Parc des Princes, à l’issue de la petite finale.

Etre déjà assurés de faire mieux vingt ans plus tard ne suffit cependant pas au bonheur de ces Croates. L’heure de la revanche, même si c’est un mot dont ils ne veulent pas entendre parler, a en effet sonné, et peu importe si dans leur histoire, ils n’ont jamais battu les Français en cinq confrontations (trois défaites et deux nuls). La dernière date toutefois de mars 2011 (0-0).

La France, une des plus jeunes, avec 26,4 ans d’âge moyen, mais pas la plus séduisante équipe du tournoi jusqu’à présent, veut pour sa part effacer son échec contre l’Italie (1-1, 3-5 aux tirs au but) en finale à Berlin, en 2006, et surtout la finale manquée de « son » Euro 2016 contre le Portugal (0-1 après prolongations).

« On était trop sûrs de gagner », avoue aujourd’hui Paul Pogba. « Mais on a retenu la leçon! Un exploit en demi-finale (2-0 contre l’Allemagne, ndlr) ne suffit pas pour être sacré champion. Maintenant on le sait… ». C’est la force mentale des Croates, menés trois fois et à chaque tour contraints aux prolongations, qui les a menés en finale. « Certains ont même joué avec des blessures qui en temps normal, auraient entraîné leur forfait », révèle Zlatko Dalic.

Quant à la star, mais aussi le marathonien (il a déjà parcouru 63 kilomètres!) et surtout le génial grand patron de cette équipe, Luka Modric, 32 ans, 1m72, 111 sélections, il échangerait volontiers tous les titres, à savoir quatre Ligues des Champions, entre autres, conquis avec le Real Madrid, contre le trophée en jeu dimanche. En cas de victoire, voire même de défaite, il sera sans doute élu meilleur joueur du tournoi. Les autres candidats seraient Kylian Mbappé, Antoine Griezmann, Harry Kane et Eden Hazard…

France have potential matchwinners in 19-year-old K who are candidates along
with Modric for the Golden Ball award as tournament best player.

« We have to imagine it’s just a normal game, and give everything on
the pitch, » Griezmann said. « We won’t have a lot of opportunities, so
we’ll have to put them away when they come. »

Source: Belga