RSF dénonce les entraves contre les journalistes en reportage sur les routes migratoires

A l’approche de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) dénonce « les obstacles délibérément mis en place par les Etats pour entraver la couverture médiatique de la plus grave crise humanitaire du début du XXIe siècle ». Les journalistes mobilisés sur les routes empruntées par les migrants font l’objet de menaces et de poursuites judiciaires, en ce compris en Europe. A Agadez au Niger, carrefour des migrants guinéens, nigérians, maliens et soudanais, « les portes du centre de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) restent fermées ». En Libye, les autorités « maquillent » la réalité tandis que les journalistes doivent filmer ou s’arrêter de filmer sur ordre. Au Liban, un journaliste syrien a été maltraité pendant six jours. Pour empêcher l’accès au centre de rétention de l’Australie externalisé sur l’île de Nauru, les frais des demandes de visa ont été fixés à l’équivalent de 8.000 euros.

Partout dans le monde, « des milliers de personnes arrêtées sur leur parcours d’exil dépérissent loin des regards, des caméras et des micros, dans des trous noirs de l’information organisés par les Etats eux-mêmes », s’indigne RSF dans un communiqué publié lundi.

En Europe, intimidations et poursuites judiciaires à l’encontre des journalistes se multiplient, observe également l’ONG basée à Paris. « Quand le journaliste de la Repubblica Alessandro Puglia ramène à sa rédaction des témoignages édifiants de réfugiés dénonçant ‘être traités comme des animaux’, il est convaincu que les faits rapportés vont permettre l’ouverture d’une enquête. La justice italienne s’est bien saisie de l’affaire. Mais c’est lui, le journaliste, qui s’est retrouvé poursuivi pour diffamation », rapporte-t-elle notamment.

Dans le sud-est de la France, des journalistes sont mis en garde à vue alors que les services de l’Etat ne répondent pas à leurs sollicitations pour obtenir des informations.

Pourtant, « nos sociétés ne peuvent faire l’économie d’une couverture journalistique des crises migratoires, aujourd’hui au centre du débat public », estime Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. « Informer sur ce sujet ne saurait constituer un délit. »

Source: Belga