‘L’instabilité économique est le terreau de nombreux conflits’

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Wilfried Remans
Wilfried Remans

Wilfried Remans (Head of CSR & Public Affairs chez BNP Paribas Fortis) en est convaincu: présent dans 73 pays du monde, le Groupe BNP Paribas – à l’instar d’autres institutions financières – peut jouer un rôle dans le maintien de la paix dans le monde.

« L’une des causes de la plupart des conflits, c’est une situation économique instable: la pauvreté et la précarité donnent lieu à des tensions qui peuvent déboucher, in fine, sur des conflits armés », affirme-t-il. « Au niveau macroéconomique, le rôle du secteur financier est de garantir que l’argent circule d’une manière correcte, de faire en sorte que les gens aient la possibilité d’investir et de soutenir l’entrepreneuriat, car ce dernier permet de créer de l’emploi. »

La microfinance, un levier essentiel

C’est l’une des raisons pour lesquelles le Groupe BNP Paribas, au niveau stratégique, accorde beaucoup d’importance à la microfinance. « Dans les pays en voie de développement, la microfinance permet, avec un financement minimal, de donner l’opportunité à des gens qui n’ont pas grand-chose de créer une ébauche d’entreprise. Et donc de gagner un peu d’argent pour sortir graduellement d’une situation de pauvreté. Via le soutien de nombreuses institutions de microfinance, nous touchons actuellement, au niveau mondial, plus de 300.000 personnes. »

Une politique sectorielle ‘Défense et sécurité’

Par ailleurs, en tant que l’une des plus grandes banques d’Europe, BNP Paribas intervient, au niveau international, dans des secteurs d’activité très variés – dont certains peuvent avoir une influence directe sur les droits de l’homme. Il convient donc de ne pas soutenir financièrement n’importe qui, n’importe quoi.

« Au sein de BNP Paribas, neuf secteurs, dont celui de la défense, ont fait l’objet d’une analyse approfondie sur les problématiques qu’ils soulèvent », explique Wilfried Remans. « Nous disposons depuis plus de dix ans d’une politique sectorielle relative au secteur de la défense, que nous avons mise à jour en 2017 et qui définit très précisément les conditions qui doivent être respectées pour bénéficier d’un financement. A ce jour, toutes politiques sectorielles confondues, 450 entreprises dans le monde entier ont été exclues et une centaine d’autres figurent dans une liste d’observation – c’est-à-dire que chacune de leurs transactions est soumise à un examen approfondi et à un processus décisionnel très précis. De même, nous refusons catégoriquement, comme le veut le droit international, de financer certains types d’armement comme les mines antipersonnel. »

« Tout ceci me conforte dans l’idée qu’une banque peut effectivement contribuer, à sa manière, au maintien de la paix dans le monde. »

Lisez aussi cet article pour la suite du point de vue de Wilfried Remans.