Vivre mieux avec moins

Ph. D.R

Adopter le minimalisme peut changer une vie. C’est le constat qu’à fait Regina Wong. Sur son CV, une carrière brillante dans les télécoms dont le salaire lui permettait de faire une «thérapie par le shopping» dès qu’elle se sentait le besoin de contrebalancer son quotidien stressant. Mais après quinze ans dans ce milieu, et une véritable remise en question, c’est à travers le minimalisme que cette dernière a finalement trouvé la voie du bonheur. Son leitmotiv: vivre plus avec moins.

Philosophie de vie

Une véritable découverte qui l’a menée à trouver le vrai sens de l’existence. Comme l’explique Regina Wong dans son ouvrage, le minimalisme permet de «réévaluer [ses] priorités pour [se] débarrasser des excès et du superflu -toutes les possessions, les croyances, les idées, les habitudes, les relations et les activités qui n’apportent pas de valeur à [notre] vie – et à [nous] concentrer sur ce qui est positif.»

Se débarrasser des objets qui envahissent notre espace de vie constitue «une première étape» incontournable pour faire le vide et se recentrer sur soi-même. Le minimalisme concerne également un changement «d’ordre physique, mental, émotionnel et même financier», confie l’auteure à Place des éditeurs.

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Se défaire du superflu

L’accumulation d’objets et de pensées n’est pas anodine, selon l’écrivaine. «Nous passons notre temps à nous accrocher à des choses pour de multiples raisons. Suite à un décès, par exemple, à une rupture… ou parce qu’il nous manque quelque chose pour combler un vide, occuper l’espace…». Un facteur clé de la surconsommation repose notamment «sur le fait de croire que les choses que nous possédons définissent qui nous sommes, et que leur nombre et leur nature traduisent notre valeur». Pour avancer dans la voie du minimalisme, l’important est de se poser la question de savoir pourquoi nous continuons à consommer ou à s’accrocher de la sorte à certains objets.

Ph. D.R

«Le meilleur moyen de déterminer l’essentiel est d’examiner ce sans quoi nous ne pouvons pas vivre», explique-t-elle. Et pour un rangement réussi, mieux vaut procéder «dans l’ordre et d’un coup, de préférence dans un laps de temps n’excédant pas trois mois». Regina Wong rappelle d’ailleurs qu’il est inutile de garde un objet uniquement parce que nous y avons investi du temps ou de l’argent, alors qu’il n’apporte rien à votre vie actuelle.

Par ailleurs, il ne s’agit pas du tout de «subir la pauvreté», rappelle-t-elle, ou de voir le minimalisme comme une «anticonsommation» mais bien de «mener une existence intentionnelle faite de choix conscients». L’objectif est de «trouver ce dont vous avez besoin, ce qui est essentiel à [notre] bonheur et votre bien-être, et à satisfaire [nos] besoins».

Lâcher prise

«Vivre mieux avec moins ne consiste pas seulement à limiter ses possessions à ce qui nous apporte de la joie, c’est aussi limiter les tensions sur notre bien-être mental et émotionnel». Ce tri s’opère auprès de nos fréquentations ou de nos proches. «Il faut prendre de la distance avec ceux qui nous font du mal, qui ne nous apportent rien, pompent toute notre énergie pour mieux réserver cette énergie à ceux qui nous rendent heureux et nous soutiennent». Au quotidien, il s’agit également d’examiner «[nos] divers engagements, [nos] activités, et ne gardez que ceux dont [nous tirons] le plus de plaisir, de résultats ou d’épanouissement».

«Lâcher prise est un véritable défi, un processus qui demande du temps» qu’il faut traverser étape par étape. Pour Regina Wong, il ne faut surtout pas précipiter les choses, mais se laisser «du temps et de l’espace» pour que le changement opère de manière définitive.

 

«Faites de la place. Guide moderne du minimalisme», Regina Wong, éditions L’esprit Belfond, 214 pages, 19,70€