Émoi au Brésil après la stérilisation de force d’une SDF

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EPA/Sebastiao Moreira

Au Brésil, la justice a ordonné qu’une femme vivant dans la rue, consommatrice de drogues et déjà mère de six enfants, soit stérilisée.

Dans la petite de Mococa, à 300 km au nord de Sao Paulo, la stérilisation obligatoire de Janaína, une sans-abri de 36 ans, pose de nombreuses questions.

Une mère de six enfants contrainte d’être stérilisée

Les faits remontent au mois d’octobre 2017 et sont relatés par la correspondante du journal de France 2 à Rio. À l’époque, Janaína venait d’accoucher de son sixième enfant. Mais la femme est sans domicile fixe et elle consomme des drogues. Considérant que seule « une ligature des trompes sera efficace pour la sauver », le procureur de la ville a ordonné qu’elle soit stérilisée. De son côté, le procureur du Ministère public a validé cette stérilisation en estimant qu’elle ne montrait « aucun discernement pour juger des conséquences d’une grossesse ». Sans que la femme n’ait pu se défendre, le juge a ordonné la ligature des trompes.

Une décision illégale et critiquée

Trois mois plus tard, le tribunal de seconde instance a annulé cette décision mais la mutilation avait déjà eu lieu. Au Brésil, la stérilisation forcée de la SDF a suscité l’indignation de groupes de défense des droits de l’Homme, d’associations féministes mais également de membres de la classe judiciaire et politique. En effet, il s’agit d’une pratique illégale selon la Constitution brésilienne. Pour eux, ce cas illustre les inégalités au Brésil, où plus de 50 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté.

Selon France tv info, le député Wadih Damou a déposé une requête auprès de tous les organes disciplinaires concernés contre le juge et le procureur qui ont ordonné la stérilisation.