Jusqu’à six mois de prison et 16.000 € d’amende pour le bourreau d’un chaton

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Ph. Dierenartsen Overleie

Nous vous parlions lundi de l’histoire de Sprotje, ce chaton torturé et brûlé dans un four dans la ville de Courtrai. Le propriétaire, l’association GAIA (Groupe d’Action dans l’Intérêt des Animaux asbl), la ville de Courtrai et des vétérinaires ont décidé de porter plainte contre le bourreau, qui ne présente aucuns signes de remords.

Le chaton, prénommé Sprotje, a été la victime de graves maltraitances animales de la part de plusieurs hommes dans la soirée du mercredi 6 juin. Ces-derniers avaient notamment « joué au foot » avec l’animal avant que l’un d’entre eux ne le place dans un four brûlant pendant près d’un quart d’heure.

Le tortionnaire insensible aux souffrances de l’animal

Face à la gravité des blessures de l’animal, les vétérinaires de la clinique Dierenartsen Overleie ont lancé un crowdfunding visant à couvrir les frais de ses soins. Ils espéraient récolter ainsi 500 €. Le message a rapidement fait le tour de la Belgique et les dons n’ont pas tardé à pleuvoir. Plus de 850 personnes ont participé pour un total dépassant les 13.000 €.

L’auteur des faits, un jeune homme d’origine ukrainienne, est resté insensible au calvaire qu’à enduré Sprotje. Dans un entretien avec le journal flamand Het Laatste Nieuws, il a fait part de son détachement émotionnel face à la gravité des accusations qui pèsent contre lui. «(La chatte) était parfois embêtante, je l’ai donc enfermée dans la salle de bain. Pourquoi je l’ai mise dans le four ce soir-là? Je ne sais pas. Je ne sais pas quelle était la température du four, mais il n’était certainement pas à 200 degrés. Ce qui est fait est fait. Il y a des choses bien plus graves, comme poignarder ou abattre quelqu’un. Je comprends qu’il y ait un procès. J’accepterai ma peine», a-t-il déclaré.

Vive réaction de l’asbl GAIA

Le propriétaire du chaton (absent au moment des faits), la ville de Courtrai, les vétérinaires qui l’ont soigné ainsi que l’association GAIA ont porté plainte contre le bourreau. «Ces actes ressemblent à ceux d’un psychopathe, qui ne montre pas le moindre sentiment de culpabilité (…) En d’autres mots, l’auteur des faits est un danger considérable pour notre société. La justice doit prendre cette affaire très au sérieux (…) Il serait impensable que le parquet ne prenne pas l’affaire au sérieux. Notre société a tout intérêt à ce que les auteurs de ces crimes soient punis. Même s’il semble que Sprotje sera sauvé, il est important que l’auteur, les éventuels complices et tout autre responsable n’échappent pas à leur peine», a confié Michel Vandenbosch, président de GAIA, sur le site internet de l’association.

Bert Herrewyn, échevin courtraisien de l’environnement et du bien-être animal a également réagit : «Mon cœur saigne quand je vois comment Sprotje a été torturé. Parce que les animaux ne sont pas capables de défendre leurs droits eux-mêmes, en tant qu’autorité communale, nous nous constituons partie civile pour condamner sévèrement l’auteur du crime.»

L’accusé risque désormais jusqu’à six mois de prison et/ou 16.000 € d’amende, ainsi qu’une interdiction à vie de détenir un animal. Une sanction qui, souhaitons-le, dissuadera à l’avenir quiconque voudrait faire du mal à un animal. Les gains de la cagnotte solidaire couvriront une partie des frais juridiques. La clinique vétérinaire a par ailleurs annoncé qu’elle ferait don du reste des fonds obtenus à une organisation de bienfaisance.