Test : Detroit Become Human – Une vision troublante du futur

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Un récit d’anticipation bien ficelé, des choix forts à effectuer et une réalisation digne des meilleurs films de science-fiction, Detroit Become Human nous a plongés dans une aventure forte et mémorable.

Les jeux de David Cage, cofondateur du studio Quantic Dream et réalisateur de titres comme Heavy Rain et Beyond Two Souls, ont toujours eu l’art de diviser les joueurs. Pour certains, ce sont des films interactifs sans saveur, tandis que pour d’autres ce sont des chefs-d’œuvre narratifs. Bien qu’il repose sur les mêmes mécanismes, Detroit Become Human a tous les atouts pour rallier à sa cause la majorité des joueurs. Quantic Dream a amélioré sa recette et l’expérience proposée mérite vraiment que l’on s’y attarde.

Détroit 2038

Comme son nom l’indique, le jeu emmène les joueurs dans la ville de Detroit. Direction l’an 2038, dans un monde futuriste mais parfaitement et étonnamment crédible et immersif. Les créateurs ont fait un travail magistral sur l’univers proposé. Des robots humanoïdes, plus réalistes que jamais, ont envahi toutes les sphères de la société et aident les humains dans diverses tâches, en faisant le ménage dans les maisons, en gardant des enfants ou menant les enquêtes avec les policiers. Detroit Become Human se déroule dans un monde frappé par le changement climatique, où les abeilles ont totalement disparu de la surface de la Terre, où les puissances mondiales se disputent l’Antarctique et où New York est relié à Los Angeles en moins de deux heures via une sorte d’Hyperloop.

L’heure de la révolte a sonné

L’histoire repose sur l’arrivée d’androïdes déviants qui prennent conscience de leur situation et qui sont capables de quitter ce pourquoi ils ont été programmés, en commettant des crimes par exemple. Le jeu propose d’incarner à tour de rôle trois de ces robots déviants et de donner une trajectoire à leur vie. Comme Heavy Rain et Beyond Two Souls, Detroit repose sur les choix effectués par le joueur. Contrairement aux autres épisodes, la grande nouveauté est d’enfin avoir un aperçu des innombrables possibilités dans le scénario. À la fin de chaque chapitre, l’arborescence scénaristique s’affiche avec les différents choix effectués mais aussi les autres choix possibles (sans qu’ils soient nommés) et le pourcentage de joueurs ayant pris la même décision que vous.

Des choix marquants à effectuer

Pour se rendre compte des différentes aventures possibles, il est indispensable d’en discuter avec d’autres joueurs. La première fois que nous avons terminé le jeu, après environ 12h, la fin que nous avons obtenue était plutôt dramatique et n’avait été obtenue que par 4% des joueurs. David Cage l’avait annoncé, les trois protagonistes peuvent mourir et nous avons leur sort entre nos mains. Ainsi de nombreux choix marqueront psychologiquement le joueur, tant ils sont difficiles à prendre. Grâce à ces dizaines d’aventures possibles (et pas seulement la fin), la rejouabilité est grande. À ce niveau, Detroit Become Human est une belle réussite.

Voici un aperçu des différentes possibilités lors de la première scène du jeu, l’une des plus courtes

Du côté du gameplay, Detroit Become Human reste dans la même veine que les précédentes créations de Quantic Dream. L’aventure repose sur de nombreuses cinématiques. Les scènes d’action sont un mélange de prises de décision dans les dialogues, de phases d’exploration, de QTE (ces moments où il fait appuyer le plus rapidement possible sur la touche qui s’affiche à l’écran) dont certains utilisent même le capteur de mouvement de la manette PS4. Comme dans les précédentes créations de Quantic Dream, on retrouve également ce côté simulation de vie, qui agace tant certains joueurs, comme lorsqu’il faut faire le ménage, la vaisselle et ranger la maison du propriétaire du robot que l’on incarne. On regrettera néanmoins des déplacements lourds et rigides, une liberté de mouvements parfois très limitée et remplie de murs invisibles ou encore certains choix qui peuvent être regrettés parce que les propositions à l’écran n’étaient pas assez claires.

Des graphismes magnifiques

Du côté de la réalisation, le travail réalisé par Quantic Dream est énorme. Des graphismes au doublage des acteurs en passant par la musique et les bruitages, Detroit Become Human frôle la perfection. Sur PS4 Pro, les visuels sont tout simplement somptueux avec des textures extrêmement détaillées

À part quelques défauts pas bien méchants, Detroit Become Human est un jeu marquant, magnifiquement réalisé et qui, par son scénario à la fois futuriste et crédible mais aussi par les choix à effectuer, ne laissera pas les joueurs indemnes. David Cage signe un nouveau chef-d’œuvre narratif comme seul semble pouvoir le faire. En prenant des risques, en faisant réfléchir et en procurant de l’émotion, Detroit Become Human offre un moment vidéoludique comme on les aime et comme on aimerait en voir plus souvent.

REVIEW OVERVIEW
Detroit Become Human (PS4)
SOURCEThomas Wallemacq